Des appels d’offres ont été lancés dans plusieurs journaux nationaux et dans le «Bulletin officiel» pour confier les châteaux hongrois en gestion à des personnes susceptibles d’investir dans ces bâtiments. Ces châteaux doivent cependant rester propriété de l’Etat.
Les familles nobles hongroises auxquelles appartenaient ces châteaux et manoirs ont dû les céder à l’Etat après la prise de pouvoir des communistes en 1948. La plupart des châteaux ont ensuite été pillés par la population et les troupes soviétiques.
Pendant le régime communiste, ils sont restés inhabités ou ont été transformés en bureaux, écoles, hôpitaux psychiatriques, résidences pour personnes âgées ou encore entrepôts de machines agricoles.
Après la transition du pays à la démocratie, à partir de 1990, l’entretien des châteaux n’a pas été à l’ordre du jour du gouvernement.
«Personne ne s’occupait de la maintenance de ces châteaux, leur état s’est peu à peu détérioré et il est impératif de les sauver maintenant avant qu’il ne soit trop tard», estime Kalman Salamin, chef de département de l’Institut de gérance de la propriété étatique (KVI).
Il ajoute que l’état délabré des châteaux et le fait que bon nombre d’entre eux soient encore habités rendent difficile toute recherche d’investisseurs.
Toutefois, le Fonds international pour la conservation du patrimoine historique européen (FIPE), association qui a son siège à Paris, vient de s’intéresser à l’utilisation de certains châteaux.
Des conditions strictes
Dans ses appels d’offres, le KVI décrit scrupuleusement les châteaux et l’état dans lequel ils se trouvent. Les conditions de l’octroi des contrats de gestion sont très strictes car le futur gestionnaire doit rétablir ou maintenir l’état d’origine du château. Il doit en outre se contenter d’activités conformes au bâtiment, à savoir y établir un centre culturel, un hôtel, un musée ou un centre de conférence.
Les contrats accordés par le KVI prévoient que le gestionnaire ne devra dans un premier temps payer aucun loyer à l’Etat mais financer les frais d’entretien du château.
A l’instar de la plupart des châteaux, celui de Gyoemroe, à 50 km à l’est de Budapest, se trouve dans un état pitoyable. Construit dans le style du classicisme pour la famille des comtes Teleki, dont fut issu un premier ministre pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a été transformé en 1968 en hôpital pour enfants malades mentaux.
Le visiteur n’a droit qu’à des plafonds humides et des murs qui s’effritent, que la direction de l’hôpital tente de cacher par des parois de bois moisi.
Il existe cependant de rares exceptions et certains bâtiments sont bien entretenus, notamment le célèbre château de Fertoed (Ouest) de la famille Eszterhazy, la plus grande de la noblesse hongroise, et celui de Keszthely (Sud-Ouest). Les deux ont été utilisés par le régime communiste comme maisons de la culture, salles de concert et bibliothèques. (AFP)


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