«La seule fois où j’ai été autant touché par la mort de quelqu’un, c’est pour celle de Freddie Mercury», le chanteur homosexuel du groupe Queen, mort du sida en 1992, explique Paul, 42 ans, attablé avec son ami dans un café de Soho, dans le centre de Londres.
Pour les homosexuels britanniques, la détermination de Diana à venir en aide aux malades atteints du sida alliée à son côté «glamour» faisaient d’elle une sorte d’icône «rose».
«J’étais tellement choqué que je me suis assis là où j’étais et j’ai laissé les larmes monter en moi», raconte de son côté Andrew, âgé de 27 ans, en évoquant sa réaction à la mort de la princesse de Galles.
«J’ai senti que je devais réveiller tout le monde dans la maison, aller dans leur chambre et les prendre dans mes bras», ajouté le jeune homme.
Le pub «homo» Compton, à Soho, où il prend un verre, sera fermé samedi jusqu’au début de l’après-midi pour rendre hommage à la princesse, dont les funérailles ont lieu le même jour à Londres.
Le plus important journal «gay» de Grande-Bretagne, l’hebdomadaire «Pink Paper» (le journal rose) organise un rassemblement spécial samedi le long du parcours qu’empruntera le cortège officiel.
Les habitués du «Gay», la principale boîte «homo» de Londres, observeront une minute de silence aux petites heures du jour dimanche, en honneur de la princesse, comme dans beaucoup d’autres clubs à travers le pays.
«Je pense qu’elle mérite un hommage parce qu’elle a beaucoup fait pour la communauté homosexuelle», estime John, 40 ans, qui remercie Diana d’avoir brisé un tabou en serrant la main de malades atteints du sida en 1987, alors que l’hystérie entourant cette maladie était à son comble.
«Les gens sont par la suite devenus plus compréhensifs. Elle leur a montré qu’il ne fallait pas s’inquiéter», juge encore John.
Au cours des dernières années, la princesse Diana s’est souvent rendue secrètement au London Lighthouse (le phare de Londres), le plus grand centre européen de traitement du sida, pour réconforter les malades.
«Elle avait l’habitude de rendre visite aux malades à l’aube», pour éviter les médias, raconte Paul Clements, directeur du journal «Pink Paper», citant un malade du sida qui lui a raconté cette semaine avoir eu le sentiment que sa vie avait été prolongée après la visite de Diana. (AFP)

