VMadagascar, la «grande île» de l’Océan accueille jusqu’à 6 septembre, les IIIes jeux de la Francophonie. Cette manifestation qui mêle sport et culture, se veut un vecteur de solidarité et d’échanges entre les différentes communautés francophones. Parmi les 35 pays participants, le Liban est représenté par 9 sportifs qui disputent les compétitions d’athlétisme, de judo et de boxe. Côté concours culturels, la délégation libanaise compte la chanteuse Noha Hatem et le photographe de presse, Bassam Lahoud; Alexandre Najjar, inscrit au concours de littérature, n’a pu être présent, pour des raisons de santé. Il a toutefois envoyé son texte, une nouvelle intitulée «Africa». Amine Maalouf, membre du jury littéraire, également absent, participera à la délibération par téléphone.
Dans la lignée des Jeux de l’Antiquité, les IIIes Jeux de la francophonie comprennent parallèlement aux compétitions sportives (judo, athlétisme, boxe, basket, tennis et football) des concours artistiques. Cette année 7 disciplines ont été choisies: chanson, contes et conteurs, danse traditionnelle, littérature, peinture, photographie, sculpture.
Professeur de musique au Lycée français de Beyrouth, Noha Hatem est une voix bien connue des enfants. Après des formations de pédagogie musicale et de chef de chœur, elle fait ses débuts à la télévision en 1973 en animant, avec Monique Haddad, une émission intitulée le «Coin des jeunes». Elle a également enregistré un disque pour enfants (Lapin-lapinus) et dirige une chorale.
Silhouette menue dans sa tenue noire rehaussée d’un caftan traditionnel, Noha Hatem était visiblement émue lors de son entrée sur la scène du Théâtre de verdure de Tananarive, la capitale malgache, où se déroulent le jeux. «C’est la première fois» dit-elle «que je participe à un concours international. Et comme j’y représente mon pays, je suis à la fois stressée et fière d’avoir été choisie». Il faut souligner ici que ce sont les ministères concernés (sport et culture) qui sélectionnent dans chaque pays les participants à ces jeux.
Accompagnée au piano par Joëlle Tabet, Noha Hatem a interprété quatre mélodies dont trois en français («Le temps des fleurs»; «Une histoire d’amour»; «Souviens-toi de moi») et «lchtaktellik ya Beyrouth) en arabe, de Ghassan Rahbani. Les chansons ont été choisies en fonction des règles imposées par le comité international des Jeux. Il s’agit, en l’occurrence, pour chaque groupe ou soliste d’interpréter en 12 minutes maximum plusieurs airs de variétés en français ou dans leur langue maternelle.
Très applaudie, Noha Hatem, espère bien sûr remporter une médaille. Reste que l’essentiel pour elle «est d’avoir participé à cette manifestation de fraternité et de paix»...
Photos
Exposées au Musée national de Tananarive, les images du quotidien «à... l’île Maurice» vues à travers l’objectif de Bassam Lahoud, sont parlantes. «On m’avait dit qu’il fallait montrer en quatre photos les différentes facettes d’une société. La société libanaise est multiple et donc difficile à présenter en quatre clichés seulement», dit Lahoud pour expliquer son choix. D’autant qu’il affirme avoir été mal renseigné sur les conditions du concours. «Notamment sur le sujet qui était en réalité totalement libre». En format 35x50, Lahoud capte des scènes colorées: «Balanciers en rivière», «Portrait d’un marchand ambulant», «Pêche en pleine mer» et «Relaxe dans un jardin public»...
Selon le président du jury international, le cinéaste bulgare Ludmil Staykov, l’ensemble des œuvres présentées sont d’un «niveau hautement professionnel». Il sera donc très difficile de trancher. Dans son choix, le jury s’appuiera sur des critères précis: composition, cadrage, tirage et force du message poétique...
En littérature enfin, 13 candidats sont en lice. Alexandre Najjar déjà lauréat de plusieurs prix littéraires semble n’avoir comme réel concurrent que Nicolas Ancion, de la Communauté française de Belgique, un autre habitué des prix. Là aussi, le jury, présidé par Bernard Pivot — qui n’est pas sur place mais statuera par téléphone — se basera dans son choix sur des critères de technique narrative, d’originalité et de dimension créative...
Ce n’est que le 6 septembre, lors de la cérémonie de clôture, que seront proclamés les palmarès de chaque discipline. Côté libanais, on espère de bonnes nouvelles. D’autant qu’il a y un précédent avec Philippe Aractingi qui avait obtenu aux 2e Jeux en 1994, la médaille d’or — catégorie production télévisuelle — pour son film «Beyrouth de pierres et de mémoires»...

