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Actualités - Chronologie

Le chômage allemand risque une forte aggravation

L’Allemagne doit s’atteler aux causes profondes de son chômage, qui a atteint un niveau record depuis la Seconde Guerre mondiale, au risque de voir le nombre des sans emploi grossir d’un million ou même plus à la prochaine récession, à en croire un des principaux économistes du pays.
Horst Siebert, directeur de l’institut économique IfW, a estimé qu’en dépit d’un chômage qui menace de toucher 4,3 millions d’Allemands cette année, la classe politique allemande fuit ses responsabilités et ne fait rien pour éviter une nouvelle aggravation de la situation lorsque la reprise actuelle aura fait long feu.
«Les hommes politiques doivent se préparer à une forte augmentation du chômage lors de la prochaine récession. Une augmentation d’un million ou plus ne peut pas être écartée», écrit Horst Siebert dans une tribune publiée par le Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Le chômage n’a cessé d’augmenter en Allemagne à la faveur des trois grandes récessions de l’après-guerre, augmentant de 900.000 dans les années 1970, puis de 1,4 million dans les années 1980 avant de faire un autre bond de 1,1 million en 1990 après la réunification avec l’ex-RDA.
Il n’a pas fléchi depuis.
La coalition d’Helmut Kohl espère que la croissance, dont les prévisions sont de 2,5% pour cette année et de 3% pour 1998, permettront de gagner quelques batailles dans la lutte contre le chômage, qui a atteint cette année un niveau inégalé depuis les années 1930.
Horst Siebert estime cependant que pas plus de 100.000 emplois ne devraient être créés l’an prochain et 300.000 en 1999, une estimation qui est loin de rejoindre l’objectif audacieux que le chancelier Kohl s’est fixé, à savoir la réduction de moitié du chômage pour l’an 2000.
«Que fera le gouvernement si une autre récession arrive entre-temps? Et la prochaine récession arrivera, c’est sûr», écrit-il.
Horst Siebert, membre de la commission des «cinq sages» qui conseillent le gouvernement dans le domaine économique, décerne en revanche un satisfecit aux partenaires sociaux qui, selon lui, ont fait preuve d’une louable retenue lors des récentes négociations salariales.
«Mais il faudrait plusieurs années de hausses modérées des salaires, inférieures aux hausses de la productivité, pour réduire réellement le chômage», ajoute-t-il. «On ne sait pas combien de temps patronat et syndicats pourront retenir leur souffle».
Dans le même temps, Horst Siebert estime que les efforts de la classe politique en matière n’ont été que du bricolage.
Le plan du ministre des Finances Theo Waigel pour réduire les impôts directs de 30 milliards de marks (16,7 milliards de dollars) afin de relancer l’emploi et les investissements a été bloqué par l’opposition sociale-démocrate (SPD), qui le jugeait inéquitable.
Actuellement, déclare Horst Siebert, le débat sur la fiscalité dégénère en une discussion sur d’éventuelles hausses des impôts indirects qui amputeraient le pouvoir d’achat des salariés.
L’économiste s’en prend aussi à la réforme des prestations sociales qui, pour en réduire le trou financier, ne tient pas compte des charges salariales et préfère recourir une fois encore à une augmentation des taxes indirectes.
Quant à l’Union économique et monétaire, Horst Siebert, qui s’est dans le passé prononcé pour son report si des pays ne satisfaisaient pas aux critères de Maastricht, souligne qu’elle n’apportera pas de «solution miracle» à la crise allemande de l’emploi.
«Dans une union monétaire, une adaptabilité plus grande sera demandée au marché allemand de l’emploi. Si ce ne peut pas être fait, cela aura pour conséquence directe d’augmenter le chômage», écrit-il.
L’Allemagne doit s’atteler aux causes profondes de son chômage, qui a atteint un niveau record depuis la Seconde Guerre mondiale, au risque de voir le nombre des sans emploi grossir d’un million ou même plus à la prochaine récession, à en croire un des principaux économistes du pays.Horst Siebert, directeur de l’institut économique IfW, a estimé qu’en dépit d’un chômage qui menace de toucher 4,3 millions d’Allemands cette année, la classe politique allemande fuit ses responsabilités et ne fait rien pour éviter une nouvelle aggravation de la situation lorsque la reprise actuelle aura fait long feu.«Les hommes politiques doivent se préparer à une forte augmentation du chômage lors de la prochaine récession. Une augmentation d’un million ou plus ne peut pas être écartée», écrit Horst Siebert dans une...