En Europe, le point d’interrogation sur l’éventuel relèvement des taux allemands continuera de planer sur les marchés où l’on attendra le conseil de la Bundesbank jeudi, et les statistiques de la production industrielle et des commandes à l’industrie.
Tous ces éléments ponctuels interviendront alors qu’en Asie les marchés d’actions et les marchés des changes continueront vraisemblablement de se débattre dans la tourmente et qu’aux Etats-Unis Wall Street risque de se montrer encore très volatile.
«C’est la semaine des chiffres de l’emploi», constate Eric Fishwick, chez Nikko Europe. «On peut espérer que nous aurons encore une progression mensuelle très modérée du salaire horaire, ce qui devrait être bien accueilli» (par le marché américain du crédit).
Cet économiste s’attend à ce que la statistique, vendredi, fasse ressortir une stabilisation du salaire horaire ou une progression ne dépassant pas 0,2%. Cela devrait rassurer, observe-t-il, ceux qui craignent que la vigueur de la croissance n’entraîne des tensions inflationnistes au niveau des salaires.
L’économiste Stephen Hannah, d’IBJ International, note par avance que la statistique de l’emploi sera faussée par la grève d’United Parcel Service (UPS). «Toutefois, dit-il, cette statistique ne devrait pas en fin de compte modifier le sentiment éprouvé sur le marché que la Fed s’en tiendra au statu quo lors de sa réunion du 30 septembre, mais que la menace d’un relèvement lors de sa prochaine réunion en novembre reste d’actualité».
L’analyste Jeremy Hawkins, de la Bankamerica à Londres, est en revanche moins confiant à l’approche des chiffres de l’emploi: «Les récentes statistiques se sont inscrites vers le haut des attentes du marché, pas extrêmement élevées mais il y a certains signes qui montrent que les dépenses des ménages commencent à reprendre un peu maintenant».
«Donc, on craint vraiment que la croissance du troisième trimestre soit vigoureuse, au point peut-être que la Fed soit amenée à resserrer sa politique».
Jeremy Hawkins table sur une augmentation de 125.000 du nombre des emplois non-agricoles en août. Compte tenu des 150.000 à 175.000 pertes d’emplois correspondant à la grève d’UPS, cela correspondrait en réalité, selon lui, à une augmentation comprise entre 250.000 et 300.000.
La Buba maintient
le suspense
En Europe, la Bundesbank tiendra encore les marchés en haleine quant à ses intentions sur les taux d’intérêt.
Stephen Hannah s’attend à ce que la production et les commandes à l’industrie rendent compte d’une économie allemande plutôt vigoureuse, même si cette vigueur résulte pour beaucoup des exportations.
«La politique monétaire en Allemagne semble de plus en plus décalée par rapport au cycle économique», souligne cet analyste qui estime que les taux allemands ne devraient pas tarder à être relevés, ce qui entretiendra une certaine nervosité sur les marchés.
Sont également attendus pendant la semaine en Europe continentale l’indice allemand des agents d’achats lundi, les prix italiens à la consommation jeudi et, en France, les chiffres préliminaires du produit intérieur brut vendredi.
En Grande-Bretagne, les marchés attendent dès lundi le crédit à la consommation, la masse monétaire M4, et la première partie du rapport des directeurs d’achats. Viendront ensuite mardi les données des agents d’achats sur les services puis, jeudi, le rapport de la Confédération de l’Industrie britannique sur la distribution.
Mais Stephen Hannah et Jeremy Hawkins insistent sur l’importance que revêtira l’évolution de la situation en Asie. «Le début de la semaine sera fonction de ce qui se passera sur les marchés émergents d’Asie», prévoit l’analyste de Bankamerica, notant que les professionnels surveilleront aussi avec quelque appréhension le comportement de Wall Street.
«Il est évident que l’un des éléments majeurs sera l’évolution des marchés et des monnaies asiatiques, ce sera certainement déterminant pour les marchés à travers le monde, surtout pour les marchés boursiers», renchérit Stephen Hannah.


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