Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Du chemin des larmes à la souveraineté

Reconnue comme une nation souveraine par le gouvernement américain, la «nation cherokee», forte de 187.000 membres est la deuxième tribu du pays, après les Navajos, et forme un véritable Etat dans l’Etat en Oklahoma.
Depuis 1975, elle possède ainsi sa propre constitution, calquée sur celle des Etats-Unis, avec un «chef principal» élu pour cinq ans (pouvoir exécutif), et confirmé par le conseil tribal.
Elle gère un budget annuel de 170 millions de dollars tirés des revenus de salles de jeu de bingo et de diverses entreprises commerciales ainsi que d’une subvention fédérale de 80 millions de dollars.
Contrairement à d’autres tribus indiennes, les Cherokees ne vivent pas dans des réserves et environ 60% d’entre eux sont installés dans les 14 comtés du nord-est de l’Oklahoma, où le langage cherokee, codifié par écrit en 1821 par Sequoyah, est enseigné dans les écoles.
Environ 10 à 15% des membre de la tribu peuvent se réclamer pur sang, les autres sont métissés à des degrés divers.
Avec les Chocktaws, les Chickasaws, les Creeks et les Seminoles, les «Tsa-la-gi» (les Britanniques adoptèrent la phonétique «Che-ro-kee») font partie des cinq tribus regroupées au sein de la confédération Iroquois et dites «civilisées» par les Blancs qui les considéraient plus «avancées» et plus promptes à adopter les coutumes et pratiques européennes.
Le destin des Cherokees a basculé en 1838 lorsque le président américain Andrew Jackson, en violation des traités et d’une décision de Cour suprême de 1831 affirmant le droit de la tribu à la souveraineté, ordonna leur déportation de la côte est des Etats-Unis.
Durant l’été, quelque 17.000 Cherokees du nord de la Géorgie, de l’est du Tennessee et de la Caroline du Nord et du nord-est de l’Alabama, furent raflés par les troupes fédérales, parqués dans des camps fortifiés et déplacés de force vers les «Territoires indiens», l’actuel Etat de l’Oklahoma, dans le centre du pays.
Un premier groupe de 3.000 Indiens effectuèrent le voyage par bateaux sur des rivières. Le reste, soit environ 14.000 hommes, femmes et enfants parcoururent 1.600 km à pied à travers le Tennessee, le Kentucky, l’Illinois, le Missouri, le Mississippi et l’Arkansas durant des conditions atroces durant le voyage, baptisé le «chemin des larmes». Pour ne pas perdre de temps, les soldats limitèrent le temps consacré aux enterrements, forçant les survivants à emporter avec eux les cadavres de leurs proches.
«J’ai combattu durant la guerre civile et j’ai vu des hommes réduits en pièces et massacrés par milliers mais la déportation des Cherokees fut l’acte le plus cruel que j’ai jamais connu», se souviendra des années plus tard un colonel de l’armée confédérée. (AFP)
Reconnue comme une nation souveraine par le gouvernement américain, la «nation cherokee», forte de 187.000 membres est la deuxième tribu du pays, après les Navajos, et forme un véritable Etat dans l’Etat en Oklahoma.Depuis 1975, elle possède ainsi sa propre constitution, calquée sur celle des Etats-Unis, avec un «chef principal» élu pour cinq ans (pouvoir exécutif), et confirmé par le conseil tribal.Elle gère un budget annuel de 170 millions de dollars tirés des revenus de salles de jeu de bingo et de diverses entreprises commerciales ainsi que d’une subvention fédérale de 80 millions de dollars.Contrairement à d’autres tribus indiennes, les Cherokees ne vivent pas dans des réserves et environ 60% d’entre eux sont installés dans les 14 comtés du nord-est de l’Oklahoma, où le langage cherokee, codifié par...