Cet allégement, qui concerne notamment 4.000 Palestiniens mariés et âgés de plus de 35 ans autorisés à revenir travailler en Israël, a été décidé bien que le premier ministre Benjamin Netanyahu continue à accuser l’Autorité palestinienne de ne pas «mener la guerre contre les terroristes».
Mme Albright doit entamer le 9 septembre sa première tournée au Moyen-Orient depuis son entrée en fonction. Elle se rendra notamment en Israël, dans les territoires autonomes palestiniens, en Jordanie, en Egypte et en Syrie.
Selon la première chaîne de la télévision israélienne, l’assouplissement du bouclage constitue pour M. Netanyahu un «geste de bonne volonté» adressé à Mme Albright.
Le gouvernement n’a en revanche pas annoncé le versement de fonds dus à l’Autorité palestinienne qu’Israël a gelé depuis plus d’un mois. Cette dernière mesure avait été critiquée par les Etats-Unis.
M. Netanyahu a annoncé hier à la radio qu’il allait «alléger» le bouclage «par étapes en fonction de la situation de la sécurité». Ce blocus a été imposé après un double attentat-suicide, qui avait tué 15 Israéliens, outre deux kamikazes non identifiés, le 30 juillet à Jérusalem.
L’assouplissement du bouclage concerne également 250 enseignants de Cisjordanie employés à Jérusalem-Est, ainsi que 2000 fonctionnaires de l’Autorité autonome et 2.000 commerçants autorisés de nouveau à accéder à ou à traverser le territoire israélien, a précisé un responsable du ministère de la Défense, M. Shlomo Dror.
Risques....
«Nous avons transmis les listes de Palestiniens autorisés à revenir en Israël à l’Autorité palestinienne», a poursuivi M. Dror. Selon lui, les Palestiniens devraient pouvoir revenir sur leur lieu de travail mardi lorsque toutes les procédures seront achevées.
«Nous allons examiner ensuite chaque jour la levée progressive du bouclage en vue de permettre aux Palestiniens de venir gagner leur vie en Israël», a-t-il ajouté.
Avant le bouclage, quelque 60.000 Palestiniens disposaient d’un permis de travail en Israël. «A ce chiffre il faut ajouter entre 40.000 et 60.000 Palestiniens qui étaient employés au noir», a indiqué M. Dror.
En desserrant ainsi le bouclage, Israël a «pris un risque car les menaces d’attentats continuent dans la mesure où les auteurs de l’attentat de Jérusalem n’ont toujours pas été arrêtés», a estimé M. Dror.
«De plus, les islamistes du Hamas pourraient vouloir commettre d’autres attentats avant la venue de Mme Albright», a-t-il ajouté.
L’Autorité palestinienne a estimé que le bouclage lui occasionnait des pertes de quelque 8 millions de dollars par jour.
Le bouclage a également affecté l’économie israélienne. Le vice-ministre de l’Habitat, Meïr Poruch, a estimé mardi dernier que le secteur du bâtiment, qui emploie beaucoup de Palestiniens, avait enregistré un manque à gagner de 370 millions de dollars.
Pour remplacer la main-d’œuvre palestinienne à la suite de bouclages répétés des territoires, Israël a fait massivement appel depuis trois ans à des immigrés roumains, philippins ou thaïlandais. Plus de 100.000 d’entre eux travaillent notamment sur les chantiers de construction et dans l’agriculture. En outre, estime le ministère du Travail, entre 100.000 et 200.000 autres étrangers sont employés illégalement. (AFP)

