Elle est morte aux côtés du milliardaire égyptien et play-boy international Dodi al-Fayed, sa dernière conquête hautement décriée, auprès duquel elle avait apparemment retrouvé le bonheur. Sa brève idylle avait nourri le roman-photo de l’été, un an après son divorce d’avec Charles. Diana aura été traquée jusqu’au bout par les paparazzi, en mer Egée, en Méditerranée et sur une voie express au cœur de Paris où sa voiture s’est désintégrée.
Ses 15 années de déboires conjugaux ont contribué à ternir son image et celle de la royauté, comme jamais depuis l’abdication du roi Edward VIII, en 1936. La mort de celle qui avait séduit le cœur des Britanniques, sans savoir conserver celui de son époux, a été accueillie comme un drame national.
La jeune fille rougissante et gauche issue de la fine fleur de l’aristocratie britannique séduit d’emblée les Britanniques à l’annonce de ses fiançailles avec l’héritier au trône, à l’âge de 19 ans.
Puéricultrice ayant quitté l’école à 16 ans du fait de ses pauvres résultats, elle présente un pedigree impeccable peaufiné dans une école huppée «de raffinement» en Suisse. Diana Frances Spencer, née le 1er juillet 1961 à Sandringham (est), a pour père le 8e comte Spencer, écuyer du roi George VI et de la reine.
Ses compagnons de jeu, lors de son enfance secrète dans une famille désunie, ne sont autres que les princes Andrew et Edward.
Son mariage avec Charles, de 13 ans son aîné, le 29 juillet 1981 à la cathédrale Saint-Paul de Londres, fait battre le cœur de dizaines de millions de téléspectateurs dans le monde.
La lune de miel est de courte durée. Les deux êtres sont dissemblables. Elle aime fréquenter les discothèques et les bals. Il préfère les marches solitaires en Ecosse, le polo, la philosophie hindoue et l’architecture. Elle écoute Dire Straits, lui Berlioz.
Rapidement, leurs chemins se séparent. Malgré la naissance de William, le 21 juin 1982, et de Harry, le 15 septembre 1984, Diana sombre dans une détresse qui sera ultérieurement révélée par son biographe «autorisé» Andrew Morton, en 1984. Elle multiplie dépressions nerveuses, tentatives de suicide, accès de boulimie. Tandis que Charles renoue avec son amie de toujours, Camilla Parker-Bowles, elle prend des amants, dont le capitaine de cavalerie James Hewitt.
«Tout cela rassemble tous les éléments d’une tragédie grecque», se lamente à l’époque le prince.
Les démentis du palais de Buckingham sur le naufrage du mariage princier deviennent ineptes, alors que se font rarissimes, les apparitions et voyages communs et que se multiplient les révélations de leurs infidélités respectives, pimentées de photos et d’enregistrements de conversations téléphoniques piratés.
Diana refuse le divorce. «Je me battrai», dit-elle. La séparation devient inéluctable quand elle met en doute les capacités à régner de Charles, lors d’une interview télévisée fracassante à la BBC qui indispose au plus haut point la reine.
La séparation est annoncée le 10 décembre 1992 au Parlement par John Major, alors premier ministre, avant d’être prononcé le 28 août 1996.
La princesse est dépouillée de son titre d’altesse mais conserve celui de princesse de Galles. Elle entame une nouvelle vie de femme libre de 35 ans, grandement facilitée par le pactole de quelque 15 millions de livres (23 millions de dollars) reçu lors de son divorce, en sus des somptueux appartements du palais de Kensington.
Parallèlement, elle s’engage dans une carrière d’ambassadrice des grandes causes: enfants, malades du sida, et plus récemment une campagne pour l’interdiction des mines antipersonnel qui la conduit en Angola et en Bosnie.
Traquée nuit et jour par les paparazzi, elle supporte de moins en moins l’intrusion constante dans sa vie privée. Dans sa dernière interview au Monde, quelques jours avant la course-poursuite fatale avec des photographes lancés à ses trousses, elle avait dénoncé «la férocité» de cette presse guettant ses moindres faux-pas. (AFP)

