Alignés en cercle sur la place, les stands sont protégés par des parasols aux couleurs vives. Là, des artisans et jeunes créateurs, de différentes régions du pays, présentent mille articles «faits-main». Cela va de la poterie au fer forgé, en passant par la dentelle bretonne, la broderie, les kilims, le bois, le verre soufflé, les arrangements floraux, les T- shirts et les cartes postales. La Croix-Rouge et le programme «Un pull pour l’hiver» sont également représentés. Encerclant l’îlot des artistes, une «ceinture» gastronomique de petites installations qui proposent aux visiteurs sandwiches, «manakich», glaces, friandises, rafraîchissements ou même un verre d’arack, dans un stand où trône un gigantesque alambic... On peut aussi se faire croquer le portrait, ou la caricature, en quelques minutes.
Il règne une joyeuse atmosphère. «Je suis contente de participer à ce week-end» dit Latifé Haddad, de Deir el-Kamar, «même si je ne suis pas ici chez moi. Il faut préserver nos villages, ne pas les laisser mourir. Quant à mon travail, la dentelle, cela se perd, on ne s’y intéresse plus et c’est dommage. La dentelle bretonne, c’est comme les tapis persans. Plus c’est vieux, plus c’est précieux».
Au stand du fer forgé, la famille Abdo dispose les articles harmonieusement. Le verre soufflé et la pierre se marient au métal pour donner des objets usuels ou décoratifs: lampadaires au design art-déco, bougeoirs, personnages amusants «du terroir»…
Action
Trois des organisatrices, Viviane Abboud-Blanco, Miral Moukheiber et Diana Ghossoub soulignent que «cette manifestation est une première. Notre association a été créée il y a deux ans et demi. Elle est aujourd’hui composée d’une vingtaine de femmes du village. Nous nous occupons beaucoup d’environnement, de propreté, afin que Beit-Mery reste vert et beau. Nous aidons également les familles défavorisées et œuvrons pour le développement du village, à tous les niveaux». Et d’ajouter que «Beit-Mery comprend d’importants vestiges romains et autres, des mosaïques… Actuellement, des travaux sont effectués pour les préserver. Nous souhaitons que les visiteurs profitent de ce week-end pour découvrir ces richesses du passé».
A quelques pas de la place, des artistes ont élu domicile sur les marches d’un vieil escalier de pierre, bordé de maisons. Les peintres, amateurs ou professionnels, sont nombreux. On peut voir également de l’argenterie, des savons, des pierres fossilisées, des colifichets, des passe-temps, ainsi que des articles en bois (moules à «maamoul», sabots), en céramique ou en fleurs séchées.
Au stand «Green Forum», association écologique, un homme colle des affiches et distribue des brochures. Et au bas des escaliers, à droite, un attroupement d’enfants, attirés par… un poulailler.
L’exposition est ouverte au public de 10h à 22h. Au programme également, musique et danse. L’animation est assurée par un accordéoniste, une troupe de dabké, ainsi que par une chaîne de radio locale.
L’air pur et frais, l’ambiance «kermesse», les groupes de visiteurs en sac à dos et casquette, les objets exposés «triés sur le volet»… Ce «week-end de l’art» de Beit-Mery: coup d’essai, coup de maître.
Natacha SIKIAS


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