Lundi soir, le maire de Brazzaville, président du comité de médiation national dans la crise congolaise, Bernard Kolélas, a annoncé à l’issue d’un entretien avec le président Pascal Lissouba que les négociations reprendraient mardi à Libreville sous l’égide de la médiation internationale que dirige le président gabonais Omar Bongo. Ces négociations avaient été suspendues mercredi dernier pour permettre aux délégations de consulter leurs mandants sur un nouveau projet d’accord.
Interrogé par la radio gouvernementale reçue à Kinshasa, M. Kolélas a indiqué avoir évoqué avec M. Lissouba les moyens de favoriser la conclusion d’un accord de paix lors des pourparlers organisés pour la quatrième fois dans la capitale gabonaise depuis le début de la crise le 5 juin, qui a déjà fait officiellement 4.000 tués.
«Nous sommes venus voir le chef de l’Etat pour la recherche permanente de la solution à la crise qui dure. Chacun de nous doit tout faire pour arriver à la solution de paix. Personne ne peut aller vers l’extermination de notre peuple», a affirmé M. Kolélas.
L’entretien entre le président Lissouba et M. Kolélas est destiné à favoriser un accord de paix, après la mise au point par la médiation internationale d’un nouvel accord de paix prévoyant le maintien du président Lissouba avec toutes ses prérogatives à la fin de son mandat, le 31 août prochain, la désignation d’un premier ministre dans les rangs de l’ancien président Denis Sassou Nguesso, auxquels reviendrait également le ministère de la Défense.
En juillet dernier, le Conseil constitutionnel avait prorogé le mandat du président Lissouba, après avoir reporté l’élection présidentielle initialement prévue le 27 juillet. Cette décision a été rejetée par M. Sassou Nguesso, la qualifiant d’illégale.
Président
professeur
Lundi soir, les partis de la majorité présidentielle ont rejeté implicitement le schéma préconisé par les Forces démocratiques unies (FDU de Sassou Nguesso), qui a été repris par la médiation internationale, en réaffirmant que la solution à la crise devait être «constitutionnelle, juridique et politique».
Cette solution sous-entend que le président Lissouba doit choisir lui-même le premier ministre chargé de diriger le futur gouvernement d’union nationale, même si cela n’exclut pas que le chef de l’Etat désigne une personnalité de l’opposition qui ne sera pas des FDU.
«Les partis et associations de la majorité présidentielle constatent que les FDU ont bloqué les négociations de Libreville en formulant des exigences inconsidérées», a indiqué le porte-parole, Jacques Moanda-Passi à l’issue d’une réunion de ces partis dirigée par le président de la mouvance présidentielle, Joachim Yhombi Opango.
Samedi dernier, la radio gouvernementale avait rejeté le nouveau projet d’accord de paix proposé par la médiation internationale estimant qu’il fait la part belle à Sassou Nguesso.
Radio-Liberté, contrôlée par les partisans de Sassou Nguesso qui n’était plus reçue à Kinshasa depuis près de deux semaines, a réitéré qu’en l’absence d’une solution satisfaisante, les FDU se verraient dans l’obligation de «chasser Lissouba du pouvoir» à la fin de son mandat, le 31 août.
«Il ne reste au président professeur Lissouba que six jours pour quitter le pouvoir. Préparez-vous à partir», a dit la radio.
Dans le souci d’éviter un nouveau blocage des négociations de Libreville, le président du Rassemblement pour la démocratie et la république (RDR-indépendant) et ancien ministre de la Défense, le général Raymond Damase Ngollo a lancé un appel à l’élargissement des négociations aux autres forces politiques et à la société civile. (AFP)

