«Cette collection est un fardeau pour ce musée et nous voulons nous en débarrasser», a indiqué Radu Florescu, directeur du Musée national d’histoire, qui abrite ces objets depuis une quinzaine d’années.
Entassées aujourd’hui dans six salles, ces pièces étaient jadis réunies dans une exposition intitulée «Hommage au camarade Nicolae Ceausescu», un passage obligé pour les élèves roumains, mais aussi pour les groupes de touristes des «pays frères».
Sur des étagères, des animaux en peluche sont alignés avec les cravates rouges de «pionnier», des statuettes en porcelaine et des chapeaux – dont une de cow boy, en cuir beige et avec le nom de Ceausescu inscrit à l’intérieur, reçue en 1976 aux Etats-Unis.
«Nous souhaitons retenir un échantillon représentatif et mettre aux enchères les objets qui restent, après leur évaluation», ajoute M. Florescu, qui estime la valeur de cette collection à un million de dollars.
Près de 600 tapis orientaux, chinois, africains ou roumains – dont une dizaine sont décorés des portraits de Ceausescu et de son épouse Elena –, soigneusement roulés, sont conservés dans une grande salle spécialement aménagée.
A côté, deux armoires renferment une dizaine de costumes nationaux de différents pays ainsi que neuf robes de professeur que porta Elena, lorsqu’elle reçut le titre de «doctor honoris causa» de la part d’autant d’universités.
Arcs de triomphe
Une autre salle, réservée aux cadeaux offerts aux Ceausescu par des «collectifs de travailleurs» ou des «comités départementaux du parti communiste roumain», regroupe, pêle-mêle, des statues du couple en bronze ou en plâtre, des maquettes d’usines, des globes terrestres décorés de pigeons empaillés et des installations dont l’utilité demeure un mystère, mais qui étaient censées montrer les progrès faits par l’industrialisation du pays.
Plusieurs arcs de triomphe d’un mètre de haut portent l’inscription «L’époque Nicolae Ceausescu».
Deux salles abritent une quantité impressionnante de bimbeloterie, rangée sur des dizaines de rayons: services de thé et de café, montres dont une de Disneyworld, emblèmes à la faucille et au marteau, vases en porcelaine d’un mètre de haut – certains décorés de l’effigie de Ceausescu, clés d’or offertes par les maires de dizaines de villes, maquettes des navettes spatiales Apollo ou encore casques de protection en plastique.
Des boîtes de havanes offertes par le numéro un cubain Fidel Castro et nombre de statuettes en bois ou en ivoire envoyées par des dirigeants africains se trouvent à côté d’une cassette artisanale recouverte de photos de Ceausescu enfant.
«Les Ceausescu faisaient porter ici tous les cadeaux qui ne leur plaisaient pas», dit une employée du musée, qui avait à plusieurs reprises été convoquée à leur résidence, dans les années 1980, pour les débarrasser des objets «encombrants».
Mais plus de sept ans après l’exécution du couple, en décembre 1989, M. Florescu dit «tout ignorer» du sort des objets de valeur retrouvés dans leur villa de Bucarest.

