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Actualités - Conferences Internationales

Mobilisation à Vanuatu contre la criminalité en col blanc

L’ouverture en début de semaine d’une conférence des polices régionales a été l’occasion pour Vanuatu de rappeler les nombreuses fraudes financières dont cet archipel du Pacifique sud a été la cible.
Axée autour de la lutte contre «la criminalité en col blanc», cette conférence des chefs des polices du Pacifique sud réunit quelque 16 pays de la région, y compris l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le FBI américain comme observateur.
Présentant pour les avoir connus une série d’exemples s’étant déroulée à Vanuatu, le Britannique John Baxter-Wright, procureur général de l’archipel jusqu’il y a deux ans, a précisé que ces cinq dernières années, au moins cinq ou six fraudes internationales ont été perpétrées à Vanuatu.
«Certaines ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites, d’autres pas», a-t-il déclaré.
Il a décrit entre autres le plan de ressortissants nigérians qui contactent des individus dans plusieurs pays de la région, leur proposant d’utiliser leur compte pour faire transiter d’énormes sommes d’argent. En échange, on leur promet deux millions de dollars.
«Bien sûr, ces paiements ne se matérialisent jamais. Au contraire, les victimes doivent faire transférer des avances d’argent, des sommes qu’elles ne revoient jamais. Un résidant de Vanuatu a ainsi perdu 40.000 dollars US», dit-il.
Mais l’ancien procureur (qui travaille maintenant pour un cabinet privé d’avocats de Port-Vila) a pu mettre la main sur d’autres «criminels en cols blancs».

Ventes par téléphone

«Début 1994, un groupe de personnes, principalement des Canadiens, a monté ici un marché fictif, en mettant en vente par téléphone les actions de sociétés d’Amérique centrale possédant soi-disant de grandes quantités de terrains. En réalité, c’étaient des sociétés-écran créées aux Caraïbes et ne possédant aucun actif».
En quatre mois, les «télévendeurs», installés dans un bureau en plein centre ville de la capitale, avaient extorqué plus d’un million de dollars US, principalement en Australie, précise-t-il.
Alertées sur place par des plaintes de victimes australiennes, les autorités vanuatuanes arrêtaient quelques mois plus tard trois vendeurs, qui ont été condamnés ici à 18 mois de prison chacun.
«Du menu fretin. Les têtes ont réussi à quitter Vanuatu par un avion privé qu’ils avaient loué à Fidji», selon M. Baxter-Wright.
Le scandale le plus récent, qui implique un «conseiller financier» australien, Peter Swanson, a fait tomber un gouvernement l’année dernière: le premier ministre francophone Maxime Carlot, son ministre des Finances Barak Sopé et le gouverneur de la Banque de réserve, Samson Ngwele, avaient été persuadés de signer dix «lettres de garantie», d’une valeur faciale totalisant les 100 millions de dollars US.
«On pourrait les décrire comme des reconnaissances de dettes», précise Baxter-Wright.
«On leur avait promis que ces lettres pourraient générer en quelques mois 250 millions de dollars US, ce qui, honnêtement, est impossible», affirme-t-il.
Bien que la Cour suprême ait terminé d’entendre l’affaire en février dernier, l’annonce du verdict a depuis été continuellement différée.
«Le problème, c’est que les auteurs de ce type de crimes ne collent pas avec l’image du méchant qu’on peut se faire ici et ça rend les gens peu soupçonneux et crédules», estime le juriste, qui appelle à une meilleure coopération entre les polices de la région.
«Et avec l’effondrement de l’Union Soviétique et du bloc de l’Europe de l’Est, ça ne peut qu’augmenter. Bien sûr, certaines propositions peuvent être honnêtes, mais il serait naïf de penser qu’elles le sont toutes», conclut-il. (AFP)
L’ouverture en début de semaine d’une conférence des polices régionales a été l’occasion pour Vanuatu de rappeler les nombreuses fraudes financières dont cet archipel du Pacifique sud a été la cible.Axée autour de la lutte contre «la criminalité en col blanc», cette conférence des chefs des polices du Pacifique sud réunit quelque 16 pays de la région, y compris l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le FBI américain comme observateur.Présentant pour les avoir connus une série d’exemples s’étant déroulée à Vanuatu, le Britannique John Baxter-Wright, procureur général de l’archipel jusqu’il y a deux ans, a précisé que ces cinq dernières années, au moins cinq ou six fraudes internationales ont été perpétrées à Vanuatu.«Certaines ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites, d’autres...