Michael Schumacher est grand, très grand. Ferrari lui doit une fière chandelle. Bernie Ecclestone aussi. Pour la Scuderia, comme pour le patron de la Formule 1, ce pilote vaut vraiment de l’or.
Dimanche, plus d’une heure après son arrivée victorieuse du Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps, après avoir conté dans le menu détail sa course, Michael Schumacher allait saluer une dernière fois des centaines de supporteurs encore massés sur la piste. Un ultime salut à une foule en délire, sous le charme d’un pilote d’exception.
Non content de propulser Ferrari vers les sommets, l’Allemand, depuis son association avec la mythique écurie italienne, draine des milliers de spectateurs sur tous les circuits d’Europe.
Grâce à lui, les organisateurs se frottent les mains. Grâce à lui aussi, Ferrari se met aujourd’hui à rêver du titre mondial l’année même de son cinquantième anniversaire, cette couronne qui fuit la Scuderia depuis 1979.
Un «bon investissement»
Dès le début de la saison 1995, le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, et Jean Todt, le directeur sportif, ont su que le retour au premier plan de la Scuderia, alors en pleine restructuration, passait par l’engagement de Michael Schumacher.
Frank Williams a toujours pensé que c’est la voiture qui fait le pilote. Jean Todt lui démontre le contraire. La Ferrari est encore perfectible, la Williams-Renault s’impose comme la meilleure monoplace. Pourtant Jacques Villeneuve collectionne les revers, Michael Schumacher les exploits.
Le tandem complice de Ferrari, Todt-Schumacher unis dans le talent, par leur travail, l’embauche d’hommes «clés» (Ross Brawn et Rory Byrne), mettent la Scuderia sur la voie du succès. Pour eux, l’année 1998 sera celle du triomphe. Ils pourraient néanmoins être en avance sur leurs objectifs.
1997 devait être encore marquée par la domination de Williams-Renault mais l’écurie anglo-française ne semble pas en mesure de profiter de son avance. Par ses erreurs, par la grâce d’un Michael Schumacher au sommet de son art.
Lorsque le chiffre de 25 millions de dollars avait été évoqué comme salaire annuel du pilote allemand chez Ferrari, certains avaient crié à la «folie». On parle aujourd’hui d’un «bon investissement»… (AFP)

