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Actualités - Chronologie

Maison de retraite pour végétariens

A la maison de retraite Felixoord, réservée aux végétariens, yoga, taï chi et méditation ponctuent la vie quotidienne des pensionnaires.
«Le bingo et la belote ne les intéressent pas. Cela ne cadre pas avec leur art de vivre», relève Henk Elhorst, directeur de cet établissement situé dans un bois de 7 hectares à Oosterbeek (est des Pays-Bas).
Ils sont un peu plus d’une centaine, dont une dizaine venus d’Australie, de Norvège, d’Autriche et d’Allemagne, à loger dans le bâtiment central de Felixoord (surtout des vieillards invalides) et dans les pavillons adjacents, entourés de gazon impeccablement tondu et de ruisseaux où frétillent des poissons. Ces pavillons coquets, où l’on peut même vivre en couple, sont très recherchés: la liste d’attente est de 6 à 10 ans.
«Un retraité qui viendrait à Felixoord simplement parce que le cadre lui plaît se sentirait vite isolé, explique M. Elhorst. Nos pensionnaires sont très attachés au végétarisme. Près de 80% n’ont jamais goûté un morceau de viande de leur existence. A l’heure actuelle, ce choix est socialement accepté, mais avant la Seconde Guerre mondiale, les végétariens étaient considérés comme des gens bizarres et anormaux. Les personnes qui vivent ici ont dû se battre pour défendre leurs convictions».
Beaucoup n’ont d’ailleurs pas perdu leur ardeur combative, à en croire le directeur, qui affirme que la maison de repos est «unique au monde». «Ils ont tous leur petit caractère, sont très critiques et formulent un tas de suggestions, ce qui nous oblige à nous concerter avec eux pour la plupart des décisions», déclare M. Elhorst, précisant qu’il existe ainsi une commission d’évaluation des menus et une autre pour les activités récréatives.

Des grognons

Les échos de ces commissions font immanquablement sourire Mme Eeke Ferman, octogénaire au regard malicieux voûtée sur une fine canne de bois. «C’est toujours à propos des légumes», soupire cet ancien professeur de dessin. L’été, 60% des légumes servis à table proviennent du potager de la maison de retraite, où les pensionnaires les plus vigoureux n’hésitent pas à donner quelques coups de bêche. «Le reste est acheté localement, comme en hiver du reste, mais il y a toujours des grognons qui trouvent cela trop cher ou qui prétendent que ces légumes ne sont pas de culture biologique», explique-t-elle.
Mme Ferman est heureuse à Felixoord, qu’elle décrit comme un «vrai paradis sur terre». «Je me sens privilégiée», avoue-t-elle. «Les repas sont très variés, je peins et sculpte à loisir, je recharge mes batteries en faisant du taï chi et puis, de ma chambre, j’ai une jolie vue sur un bout de terrain où un vieux monsieur élève depuis peu des poules et des chèvres».
Quant à Dick Brekelmans, fringant Haguenois de 86 ans, il s’enorgueillit d’être le pianiste attitré du chœur de la maison de repos. «Au départ, j’animais aussi les soirées de musique classique, mais lorsque j’ai proposé de mettre de l’opérette au programme, on m’a répondu que c’était trop vieillot. Alors, j’ai claqué la porte».
C’est à Felix Ortt, fondateur de la Fédération néerlandaise des végétariens, que l’on doit la maison de retraite d’Oosterbeek. Elle a été créée dans les années 50, mais il fallut attendre 1986 pour qu’elle soit reconnue officiellement par le ministère de la Santé.
L’établissement a été rénové en 1995 pour offrir un plus grand confort à ses occupants, dont la doyenne a 103 ans. Les tarifs sont néanmoins identiques à ceux pratiqués dans les autres maisons de retraite. (AFP)
A la maison de retraite Felixoord, réservée aux végétariens, yoga, taï chi et méditation ponctuent la vie quotidienne des pensionnaires.«Le bingo et la belote ne les intéressent pas. Cela ne cadre pas avec leur art de vivre», relève Henk Elhorst, directeur de cet établissement situé dans un bois de 7 hectares à Oosterbeek (est des Pays-Bas).Ils sont un peu plus d’une centaine, dont une dizaine venus d’Australie, de Norvège, d’Autriche et d’Allemagne, à loger dans le bâtiment central de Felixoord (surtout des vieillards invalides) et dans les pavillons adjacents, entourés de gazon impeccablement tondu et de ruisseaux où frétillent des poissons. Ces pavillons coquets, où l’on peut même vivre en couple, sont très recherchés: la liste d’attente est de 6 à 10 ans.«Un retraité qui viendrait à Felixoord...