Jones, une mère de famille de 30 ans ancienne employée de l’Etat de l’Arkansas, accuse M. Clinton, à l’époque gouverneur de cet Etat, de l’avoir fait venir en 1991 dans une chambre d’hôtel pour lui réclamer des faveurs sexuelles explicites qu’elle aurait refusées. Elle réclame 700.000 dollars de dommages et intérêts.
Le président a toujours nié ces allégations et son avocat, Robert, Bennett, a réitéré vendredi que M. Clinton «ne présentera pas d’excuses pour un incident qui n’a pas eu lieu».
L’affaire a éclaté en 1994, trois ans après les faits, avec l’interview dans le magazine conservateur American Spectator d’un ancien garde du corps de M. Clinton, Danny Ferguson. Il déclarait avoir amené en 1991 dans la chambre de M. Clinton une certaine Paula qui était restée une demi-heure dans la pièce et lui avait dit ensuite qu’elle voulait devenir la petite amie du gouverneur.
A la suite de cette publication, déclarant vouloir laver son honneur, Jones apparaissait en public lors d’une réunion d’un groupe conservateur opposé au président Clinton, la Political Action Conference, et devenait brusquement une vedette médiatique.
Fille d’un prédicateur de l’Eglise de Nazarene, Jones a grandi dans une caravane dans la banlieue de Lonoke, petit bourg rural de l’Arkansas. Après ses études secondaires, elle va vivre à Little Rock où elle fait des études de secrétariat.
Elle occupe ensuite une série d’emplois (secrétaire, vendeuse) dans lesquels elle ne reste jamais plus de neuf mois.
«J’aime vos courbes...»
A 27 ans, lorsque le garde du corps Ferguson vient lui dire que Clinton souhaite avoir un entretien en tête-à-tête avec elle, elle est employée à la Commission pour le développement industriel de l’Arkansas.
«J’aime la façon dont vos cheveux tombent sur vos épaules, J’aime vos courbes», lui aurait déclaré M. Clinton avant de lui faire des avances.
D’un physique très ordinaire, d’une taille moyenne, Paula Corbin Jones a toujours de longs cheveux noirs et une frange surplombant un visage sans relief, si ce n’est une bouche rehaussée par un rouge à lèvres outrageant. Dotée d’une voix de crécelle irritante au fort accent de l’Arkansas, elle vit à Long Beach (Californie).
Les déclarations de Jones en 1994 lui avaient valu critiques et encouragements, sa famille elle-même étant divisée sur son cas.
Sa sœur aînée, Charlotte Brown, avait déclaré dans une interview que Paula lui avait dit que rendre publique son aventure «sentait l’argent», pouvant lui rapporter gros. Lorsqu’elles avaient parlé des faits le jour même, Paula était «excitée» mais ne semblait pas nerveuse, a-t-elle ajouté.
Une autre sœur de Paula, Lydia Cathay, avait accusé Charlotte d’avoir cédé à des pressions de la Maison-Blanche pour accuser leur sœur.
Peu après, le magazine de charme Penthouse publiait des photos érotiques de Paula prises en 1987 par un ami alors qu’elle n’avait que 19 ans. La revue affirmait dans un article que la jeune femme aimait se dénuder devant les hommes et qu’elle avait avoué à son beau-frère avoir couché avec 15 garçons alors qu’elle n’avait pas encore 17 ans;
De nombreuses voix se sont élevées pour défendre Paula, et une radio polonaise a même lancé une collecte pour l’aider à payer ses avocats.
Un site Internet a été créé pour soutenir et venir en aide à Jones, dont les avocats soulignent le désintéressement: si elle gagne son procès, a-t-elle promis, elle utilisera les indemnités pour payer les frais de justice et donnera le reste à des œuvres de charité. (AFP)

