Chacun s’attendait à une baisse de la consommation des ménages après le relèvement de la TVA de trois à cinq pour cent intervenu en avril, mais il s’avère qu’il était illusoire de croire que ce ralentissement ne se ferait pas sentir au-delà de juin.
Les ventes d’automobiles, par exemple, ont accusé en juillet un recul de 10% sur l’an dernier, et le ministère du Commerce a d’ores et déjà estimé que le mois d’août ne serait guère meilleur.
Les grands magasins ont vu leur chiffre d’affaires tomber sous les niveaux atteints l’an dernier pendant quatre mois consécutifs, ce recul atteignant près de six pour cent en juillet.
«L’impact négatif du relèvement de la TVA et d’autres impôts sera plus marqué et plus durable que nous le pensions», reconnaît Peter Morgan, chez HSBC James Capel. Cet économiste dit avoir maintenant révisé de 2,2 à 1,9% seulement sa prévision de croissance de l’économie japonaise pour l’exercice à fin mars 1998.
Michael Naldrett, de Dresdner Kleinwort-Benson, a lui aussi un peu révisé son estimation, tablant maintenant sur environ trois pour cent, alors qu’il parlait encore de 3,4% il y a un mois.
Même si de nombreux analystes estiment encore prématuré de revoir leurs prévisions, les milieux de la Bourse de Tokyo n’échappent pas à cette montée du pessimisme ambiant, considéré comme l’explication essentielle, avec le renversement de Wall Street, du recul de 2,65% accusé vendredi par le marché.
Toutefois, si les plus pessimistes des économistes estiment pour la plupart que le risque d’un ralentissement d’activité s’est accentué, rares sont ceux qui vont jusqu’à envisager une véritable récession. (Reuter)

