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Actualités - Chronologie

Les difficultés internes de l'opposition afghane risquent de miner ses succès militaires

L’opposition afghane doit faire face depuis jeudi à de sérieuses difficultés internes au moment où elle avait réussi à reprendre l’initiative militaire contre la milice religieuse des taliban au pouvoir à Kaboul.

Jeudi soir, le premier ministre du «gouvernement» de l’opposition, Abdulrahim Ghaforzai, désigné la semaine dernière en raison de son aptitude à fédérer les mouvements de la coalition anti-taliban souvent désunis, a été tué dans un accident d’avion à Bamyan, dans le centre du pays.
Dans le même temps, des combats ont éclaté entre troupes ouzbèkes rivales de la principale faction de l’opposition à Mazar-i-Sharif, «capitale» de la coalition dans le nord du pays.
Ces événements — qualifiés de «désastreux» par un porte-parole de l’opposition — sont intervenus au moment même où les troupes de la coalition ont repris l’initiative militaire au nord de la capitale et obtenu de nouveaux gains territoriaux sur le front situé à une vingtaine de kilomètres de Kaboul.
La disparition d’Abdulrahim Ghaforzai, alors qu’il se rendait à Bamyan, bastion du Hezb-i-Wahdat pro-iranien des Hazaras chiites, pour y discuter de la composition du gouvernement, est un coup très dur pour l’opposition dont les différentes composantes ont souvent eu des relations tendues, estiment les observateurs.
La coalition comprend outre le Wahdat, le Jamiat-i-Islami de l’ancien président Burhanuddin Rabbani et du commandant Ahmed Shah Massoud ainsi que les forces du général ouzbèke Abdul Malik.
Ce n’est qu’après de sérieuses tractations que les factions de l’opposition avaient réussi à désigner M. Ghaforzai comme premier ministre de leur gouvernement.

Stratégie incertaine

Ancien de la faction Khalq du parti communiste afghan, il avait rejoint le Jamiat et était considéré comme un proche du commandant Massoud. Après avoir occupé des fonctions éminentes dans la diplomatie du régime communiste du président Hafizullah Amin, il avait été vice-ministre des Affaires étrangères du président Rabbani, renversé par les taliban en septembre 1996.
D’origine pachtoune, comme le sont aussi la quasi-totalité des taliban, M. Ghaforzai était une des rares figures non-militaires de l’opposition. Il était considéré comme l’un des seuls hommes politiques de la coalition capable d’aplanir les tensions entre les différents mouvements.
«Les taliban ne peuvent que se réjouir de sa disparition», selon un observateur qui estime que les dissensions, qui ont jusqu’ici souvent miné les capacités opérationnelles de l’opposition, pourraient réapparaître.
D’autant qu’au même moment, le général Malik rencontre des difficultés à désarmer les derniers éléments ouzbèkes favorables à son ancien chef, le général Abdul Rashid Dostam renversé et chassé en mai dernier.
Cette tentative de désarmement d’éléments de la milice ouzbèke a provoqué jeudi d’intenses combats de rues à Mazar-i-Sharif, selon des sources concordantes. Selon certaines de ces sources, toutefois, les combats auraient pris fin dans la soirée.
Les troupes ouzbèkes sont considérées comme le mieux armées et les plus nombreuses de la coalition. Elles sont toutefois absentes des combats actuellement menés par les tadjiks du commandant Massoud au nord de Kaboul et dont les commandants affirmaient il y a quelques jours encore qu’ils prendraient la capitale «dans quelques semaines».
Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Massoud, le Dr Abdullah a estimé vendredi que la mort de Ghaforzai avait créé «une incertitude» quant aux plans militaires de l’alliance. Le problème est qu’il n’y a aucune possibilité de remplacement (du chef du gouvernement) pour le moment, a-t-il ajouté. (AFP)
L’opposition afghane doit faire face depuis jeudi à de sérieuses difficultés internes au moment où elle avait réussi à reprendre l’initiative militaire contre la milice religieuse des taliban au pouvoir à Kaboul.Jeudi soir, le premier ministre du «gouvernement» de l’opposition, Abdulrahim Ghaforzai, désigné la semaine dernière en raison de son aptitude à fédérer les mouvements de la coalition anti-taliban souvent désunis, a été tué dans un accident d’avion à Bamyan, dans le centre du pays.Dans le même temps, des combats ont éclaté entre troupes ouzbèkes rivales de la principale faction de l’opposition à Mazar-i-Sharif, «capitale» de la coalition dans le nord du pays.Ces événements — qualifiés de «désastreux» par un porte-parole de l’opposition — sont intervenus au moment même où les...