Le carnaval hors-saison de Brasilia, qui durera jusqu’à dimanche prochain, est l’une des nombreuses fêtes populaires organisées dans tout le Brésil à des dates différentes «pour que l’attente du vrai carnaval de février ne se fasse pas trop longue et triste», explique l’organisateur de la «folie», Sergio Monday.
5 kilomètres dansés
Lors des soirées du week-end prolongé, une majorité de jeunes de 15 à 25 ans devront parcourir plusieurs fois en dansant un trajet de près de 5 kilomètres au son des tambours et des mélodies diffusés par des «camions-électriques» sur lesquels seront perchés les chanteurs de la musique bahianaise à la mode.
Pendant les trois jours, ce sera à qui aura embrassé le plus de filles ou de garçons, à qui aura bu le plus de bières et à qui aura résisté jusqu’à des heures tardives de la nuit sans trop se plaindre de crampes aux jambes.
Considérée comme un carnaval de l’élite par les critiques, la «micarêcandanga» est réservée aux heureux participants propriétaires d’une chemise bariolée qui leur donnera le droit d’entrer dans les «groupes» de danse.
La chemise («mortalha»), véritable sésame, coûte entre 200 et 400 dollars (deux à quatre fois le salaire minimum au Brésil) et la plupart des consommateurs l’achètent à crédit pendant les six mois précédant ce carnaval hors-saison.
Les malchanceux qui n’ont pas les moyens d’acheter la «mortalha» devront participer à la fête à l’extérieur des groupe, séparés par des cordes et un service d’ordre musclé.
Pop-corn et casserole de la folie
Entourant les participants «officiels», ils devront sauter toute la nuit pour pouvoir apercevoir leurs chanteurs préférés: c’est pourquoi cette grand majorité a été baptisée «pipoca» (pop-corn).
Cette année, les participants de la micarêcandanga danseront dans la «casserole de la folie», un espace spécial adopté lors du dernier carnaval au mois de février et situé loin, bien loin du siège du pouvoir.
En effet, l’année dernière, le carnaval hors-saison de Brasilia avait été organisé sur l’esplanade des Ministères, carte postale célèbre de la capitale où sont situés le Congrès National, le Palais présidentiel, le Palais de Justice et la Cathédrale.
Quelques sénateurs s’étaient opposés à ce «carnaval réalisé sous le nez du symbole du sérieux de ce pays» et l’archevêque de la capitale avait également exprimé sa désapprobation «de voir toute cette explosion de gaieté parfois exagérée se faire autour du symbole religieux de Brasilia». (AFP)

