«La question presse. Nous devons retirer Mir de son orbite. Cela sera fait l’année prochaine», a-t-il dit.
On ignore dans quelle mesure ces propos ne sont qu’un simple ballon d’essai — à la veille d’une réunion du cabinet des ministres consacrée au projet de budget 1998 —, où s’ils sont le reflet d’un véritable débat sur l’avenir de la station.
«Trois problèmes sont actuellement à l’étude: la construction d’une nouvelle station, le maintien de Mir jusqu’à la mise en orbite de cette station et les modifications à apporter au complexe spatial actuellement dans l’espace», a ajouté Vladimir Petrov.
Ses déclarations contredisent les propos tenus au début du mois par le vice-premier ministre et ministre de l’Economie, Iakov Ourinson.
Interrogé par l’agence RIA-Novosti, il avait assuré que le gouvernement continuerait à assumer le poids financier de Mir, et ce malgré les réductions budgétaires envisagées et les récents déboires survenus à bord de la station.
Les affirmations de Vladimir Petrov n’ont pu être confirmées au niveau officiel.
«C’est au cabinet des ministres, pas à Petrov, de décider si Mir doit être retirée du service ou non. Selon les informations dont je dispose, il n’est pas prévu de mettre fin au financement», a dit Alexandre Voznessenski, l’un des porte-parole du gouvernement.
Une série d’incidents
En orbite depuis 1986, Mir n’aurait dû y rester que cinq ans. Les autorités russes ont toutefois décidé d’en prolonger l’exploitation d’ici l’an 2000.
C’est à cette date que doit être théoriquement mise en service la station internationale Alpha dont les premiers éléments seront assemblés dans l’espace en janvier 1998.
Malgré les assurances du Kremlin, la capacité de la Russie à participer financièrement à cet ambitieux programme est régulièrement mise en question.
Mir a connu cette année une série d’incidents majeurs dont le point culminant a été marqué, le 25 juin, par sa collision avec le vaisseau de ravitaillement Progress M-34.
Le choc a sérieusement endommagé l’un des modules de la station, y laissant un orifice de 3 cm2 que l’actuel équipage russo-américain — Pavel Vinogradov, Anatoli Soloviov et Michael Foale — doit tenter de colmater à compter de ce vendredi.
Les travaux de réparations ont été reportés de quelques jours en raison d’une panne de l’ordinateur de bord de Mir.
Le gouvernement reste muet sur les coûts de fonctionnement de Mir, dont une grande part est assumée par les Etats étrangers qui envoient des astronautes à bord de la station.
Conformément à un accord signé en décembre 1993, les Etats-Unis se sont engagés à verser à Moscou 478 millions de dollars d’ici fin 1998 dans le cadre de la coopération spatiale russo-américaine sur Mir.
L’astronaute américain David Wolf doit décoller le 25 septembre pour Mir à bord de la navette Atlantis, mais la direction de la Nasa attend les résultats d’enquêtes sur la sécurité à bord de Mir avant de donner son feu vert.
L’Agence spatiale européenne (ESA) a déboursé 50 millions de dollars entre 1994 et 1995 dans le cadre de sa collaboration avec la Russie. (Reuter)

