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Actualités - Chronologie

Le petit commerce italien saigné à blanc par la mafia

Les petits commerces italiens sont contraints de verser chaque année quelque 12 milliards de dollars à la mafia, soit quasiment l’objectif de réduction du déficit du gouvernement pour 1998, selon une étude professionnelle.
D’après l’organisation Confesercenti, qui représente commerçants et détaillants, «l’impôt» prélevé par la mafia saigne à blanc les petites entreprises commerciales du pays.
«Cette étude met en évidence un «Etat parallèle» disposant de son propre système de prélèvement», note le groupe. «Le crime organisé constitue un véritable régime qui impose ses taxes, offre ses services — tels que protection ou prêts — et dicte sa loi en punissant sans scrupules ceux qui refusent de s’y plier», poursuit-il.
Les auteurs de l’étude estiment à 15.000 milliards de lires les paiements effectués par les petits commerces aux escrocs-usuriers, et à 7.200 milliards les montants qui leur sont soutirés par des rackets. Ce total de 22.200 milliards de lires (12 milliards de dollars) avoisine les 25.000 milliards de lires dont le gouvernement veut alléger son déficit budgétaire 1998.

Les «étrangleurs»

«Une grande partie de ces ressources pourrait réintégrer l’économie légale, produire de nouveaux emplois et fournir de nouveaux revenus à l’Etat», souligne Marco Venturi, secrétaire général de Confesercenti.
Petites entreprises et commerçants perdent en outre trois milliards de dollars par an du fait de la petite criminalité et de la fraude, indique l’étude, fondée sur des informations d’entreprises et quelque 8.000 appels reçus par le service «SOS» mis en place par l’association pour combattre la criminalité.
D’après l’étude, les petits commerçants victimes des usuriers de la mafia sont souvent obligés de fermer boutique au bout de trois ans à cause des taux d’intérêt exorbitants qui leur sont imposés.
La mafia et les groupes criminels organisés qui opèrent sous sa direction dans la Péninsule «emploient» une armée d’environ 25.000 percepteurs connus sous le nom de «strozzini» (littéralement, «étrangleurs»), dit encore le document.
La police estime à près de 40.000 les «strozzini» à l’œuvre dans la seule Campanie, région méridionale qui est le fief de la Camorra (mafia napolitaine).
D’après le père Massimo Rastrelli, prêtre jésuite qui a créé un fonds de solidarité pour aider les Napolitains, les usuriers mafieux de la région pratiquent des taux pouvant atteindre 30% par mois.
Les commerçants défient rarement les racketteurs, ce qui se comprend sans peine: l’un de ceux qui ont osé le faire, le propriétaire d’usine sicilien Libero Grassi, est devenu un héros en le payant de sa vie en 1991.
Sur les quelque 250.000 boutiques et petites entreprises qui ont dû fermer depuis 1990, beaucoup ont certes été victimes de la concurrence de grandes chaînes mais un nombre croissant y ont été acculées par le crime organisé, ajoutent les auteurs de l’étude. (Reuter)
Les petits commerces italiens sont contraints de verser chaque année quelque 12 milliards de dollars à la mafia, soit quasiment l’objectif de réduction du déficit du gouvernement pour 1998, selon une étude professionnelle.D’après l’organisation Confesercenti, qui représente commerçants et détaillants, «l’impôt» prélevé par la mafia saigne à blanc les petites entreprises commerciales du pays.«Cette étude met en évidence un «Etat parallèle» disposant de son propre système de prélèvement», note le groupe. «Le crime organisé constitue un véritable régime qui impose ses taxes, offre ses services — tels que protection ou prêts — et dicte sa loi en punissant sans scrupules ceux qui refusent de s’y plier», poursuit-il.Les auteurs de l’étude estiment à 15.000 milliards de lires les paiements...