Le KEDO, consortium de l’Organisation de développement de la péninsule coréenne, doit fournir à ce pays, sous l’égide de la communauté internationale, deux réacteurs à eau légère de 1.000 mégawatts, dans l’espoir que le régime de Pyongyang accepte de geler son programme d’armement nucléaire développé en secret.
Le projet du nucléaire civil doit coûter plus de cinq milliards de dollars et sa construction prendra forme au bout de dix ans. La Corée du Sud, membre fondateur du KEDO avec le Japon et les Etats-Unis, prendra en charge la plus grande partie du financement du projet.
Arrivés mardi à bord du «Hannara», un bateau de 3.800 tonnes, à Yanghwa, dans l’est du pays, les 27 journalistes faisant partie du voyage, les diplomates de neuf pays et de l’Union européenne, ainsi que les officiels du KEDO, se sont rendus sur le site des deux futurs réacteurs à Kumho, à 11 kilomètres du port maritime.
«Nous ne faisons pas cela pour aider les Nord-Coréens, nous le faisons dans notre intérêt», consistant à voir Pyongyang geler, voire peut-être accepter de démanteler, son programme d’armement nucléaire présumé, a déclaré Stephen W. Bosworth, le directeur général américain du KEDO, lors de la traversée à bord du Hannara.
Comportement changeant
La douane nord-coréenne a réservé un accueil cordial et décontracté aux membres de la mission à l’arrivée du bateau à Yanghwa. «Cette fois-ci, je me sens mieux, c’est la seconde visite, mais à présent il y a plus de monde que la première fois», dit en souriant un douanier nord-coréen qui procède aux formalités de contrôle d’entrée des visiteurs.
«Si ça continue, à chaque nouveau voyage il y aura toujours plus de monde», poursuit-il, ajoutant dans un éclat de rire que «bientôt, toute la population du Sud va se retrouver au Nord».
L’ambiance est cordiale et décontractée de la part de ces douaniers arrivés à bord d’une rustique embarcation surmontée d’une banderole indiquant qu’ils «sont prêts à sacrifier leur vie si nécessaire pour le parti communiste et leur guide Kim Jong-Il», pour procéder à l’examen des passeports des hôtes de marque.
Les officiels sud-coréens sont particulièrement bien accueillis, preuve que plus de deux ans de négociations sur ce projet ont rapproché les deux frères ennemis.
«Quand ils sont en manœuvre militaire, l’homme en face est l’ennemi, mais quand ils se rencontrent, ils ne ressentent pas le même sentiment», a déclaré Eduardo Jara Roncati, l’ambassadeur du Chili à Séoul, qui faisait partie de la délégation multinationale. «J’ai été dans plusieurs pays en conflit, et la réaction de chaque peuple est différente. Ici c’est typiquement coréen. Les gens ont un comportement très changeant. C’est pourquoi la situation politique de cette partie du monde demeure dangereuse. Ils changent très vite du jour au lendemain, à cause de l’émotion», a-t-il ajouté. Les autres diplomates acquiesçaient.
Pour ménager les susceptibilités de Pyongyang, l’équipage du «Hannara» a même eu la délicatesse de ramener le drapeau sud-coréen, le plier délicatement, avec cérémonie, lorsque le bateau entrait dans les eaux du Nord.
A Washington, le porte-parole du département d’Etat James Rubin estime que le projet des deux réacteurs à eau légère en Corée du Nord «est à marquer d’une pierre blanche dans notre effort de dénucléarisation» de la péninsule coréenne. «Nous estimons que cela augmente les chances de voir geler, sinon démanteler, le programme nucléaire nord-coréen», souligne-t-il. (AFP)


La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron