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Actualités - Chronologie

Retour amer sur terre pour les rescapés de Mir

Les cosmonautes russes qui ont risqué leur vie sur Mir n’ont pas caché leur amertume en comprenant à leur retour sur Terre qu’on les tenait pour responsables des accidents à répétition à bord de la station orbitale.
«Il est plus facile de faire porter la responsabilité de tout cela sur l’équipage. Comme toujours en Russie, on cherche un lampiste», s’est emporté le capitaine de l’équipage Vassili Tsibliev, lors d’une conférence de presse à la Cité des Etoiles, un centre d’entraînement spatial à l’est de Moscou.
Vassili Tsibliev et l’ingénieur de bord Alexandre Lazoutkine sont revenus sur Terre, après la mission la plus difficile jamais vécue par un équipage russe en onze ans d’existence de la station Mir.
En six mois, les deux cosmonautes — ainsi que l’astronaute américain Michael Foale, resté pour sa part à bord de Mir — ont dû faire face à un début d’incendie, une collision avec un vaisseau cargo, une panne du générateur d’oxygène et une perte temporaire du contrôle de la station.
Les cosmonautes, habitués à ne pas faire étalage de leurs émotions, ont reconnu cette fois avoir eu chaud.
«Il n’y a que les imbéciles qui n’ont jamais peur. J’ai eu particulièrement peur quand le vaisseau cargo est passé à côté de notre station à une grande vitesse», a affirmé M. Tsibliev en référence à la collision le 25 juin, avec un vaisseau-cargo qu’il tentait d’arrimer à Mir depuis le tableau de bord de la station orbitale.
A trois reprises en six mois, a ajouté ce colonel des forces aériennes russes âgé de 43 ans, le danger a été suffisant pour justifier un abandon de la station.
Mais la frayeur a laissé place à l’amertume quand les cosmonautes russes de retour sur Terre ont découvert dans les journaux qu’on les tenait implicitement responsables d’une partie de ces accidents.
«Ce n’est pas agréable de lire dans la presse tant de choses non objectives (...). On tente de nous accuser pour cette mission malheureuse», a déclaré M. Tsibliev, visiblement encore très fatigué, et dont le débit saccadé trahissait la colère rentrée.

Enquête

Une commission d’enquête a été chargée de faire la lumière sur ces accidents en série, qui ont porté un coup sérieux au prestige du programme spatial russe.
Le président russe Boris Eltsine a lui-même évoqué «certains facteurs humains», même s’il a officiellement félicité les cosmonautes à leur retour.
Certains des incidents sont indiscutablement dus à des erreurs humaines, comme le débranchage malencontreux d’un câble qui a fait perdre à la station son orientation pendant de longues heures le 17 juillet.
Mais M. Tsibliev a indiqué clairement qu’il refusait de porter la responsabilité du plus grave accident, la collision avec le camion de l’espace.
«Les écrans de télévision ne donnaient aucune indication, et nous ne savions pas où volait cette torpille, a expliqué le commandant en parlant du vaisseau-cargo. Jusqu’au dernier moment, j’étais persuadé qu’on s’en sortirait».
La station fonctionne depuis avec seulement 60% de son électricité, en attendant les délicats travaux de réparation que doit tenter mercredi le nouvel équipage arrivé la semaine dernière sur Mir.
Les rescapés de Mir affirment que le vrai problème est économique, «Ce n’est pas la faute de quelqu’un en particulier, il s’agit de la nécessité de faire quelque chose pour développer qualitativement le matériel» sur Mir, une station mise sur orbite en 1986 pour une durée de vie prévue de cinq ans, a expliqué Alexandre Lazoutkine.
Pour Vassili Tsibliev, «tout vient de la Terre, c’est lié à la situation économique». «Les usines ne travaillent pas, ne fournissent pas ou alors pour des sommes folles. C’est pourquoi beaucoup de ce qu’il faudrait ne se trouve pas à bord de Mir», indique-t-il.
Malgré leur détermination à se défendre, Vassili Tsibliev et Alexandre Lazoutkine — théoriquement passibles d’une amende en raison des accidents survenus — ont reconnu ne pas se faire d’illusion sur la suite de leur carrière spatiale. «Pour l’instant, personne ne nous a rayés du programme», s’est contenté de répondre M. Tsibliev avec un sourire désabusé (AFP).
Les cosmonautes russes qui ont risqué leur vie sur Mir n’ont pas caché leur amertume en comprenant à leur retour sur Terre qu’on les tenait pour responsables des accidents à répétition à bord de la station orbitale.«Il est plus facile de faire porter la responsabilité de tout cela sur l’équipage. Comme toujours en Russie, on cherche un lampiste», s’est emporté le capitaine de l’équipage Vassili Tsibliev, lors d’une conférence de presse à la Cité des Etoiles, un centre d’entraînement spatial à l’est de Moscou.Vassili Tsibliev et l’ingénieur de bord Alexandre Lazoutkine sont revenus sur Terre, après la mission la plus difficile jamais vécue par un équipage russe en onze ans d’existence de la station Mir.En six mois, les deux cosmonautes — ainsi que l’astronaute américain Michael Foale, resté...