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Actualités - Reportage

Le public.. et le micro ont craqué pour la caballe (photo)

L’édition 97 du festival de Beiteddine aura été marquée par le concert du soprano Montserrat Caballe... et par un accident technique qu’on arrive presqu’à ne pas regretter. Il aura permis à un auditoire composé de 4.000 personnes venues écouter une des plus belles voix au monde, de découvrir un humour de tonnerre et une grande élégance.
«Cette voix de rêve», cette «voix magique» entame en ouverture «Vorrei veder lo sposo» de Rossini. Les applaudissements qui éclatent des premières rangées se mêlent à une rumeur venue du fond de l’estrade: le micro n’ayant pas fonctionné, la salle dans sa majorité n’a pas entendu la Caballe. Fait sans «prélude», le micro a «craqué» devant la Diva.
L’humour et l’ironie seront toujours quelque chose de libérateur mais aussi quelque chose de sublime et d’élevé. La colorature les mania avec brio: «C’est un incident qui arrive souvent à travers le monde», dit-elle, «il ne faut jamais perdre patience» et surtout pas «espoir». Joignant le geste à la parole, elle s’installe sur une baffle géante au centre de la scène, se prêtant au jeu des flashs qui crépitent comme un feu follet, engageant même le dialogue avec le public, rallié à son panache. Un public, il faut aussi le relever, qui aura attendu que la diva termine son aria pour protester.
Après moult palabres, Montserrat Caballe, avec ses cordes vocales vibrant comme un vol d’oiseau, explique que «la soirée est enregistrée pour être retransmise dans tout le Moyen-Orient. Un des nombreux câbles a dû apparemment se défaire. On me dit qu’il faut une quinzaine de minutes pour le réparer. Acceptez-vous d’attendre?» Des gerbes de «oui» fusent de tous les coins. Superbement la Caballe lance un «à tout à l’heure» joyeux et s’en retourne dans les coulisses.
C’est cela le miracle d’une voix: pouvoir tout faire oublier... tout suggérer. Quand la célèbre diva — accompagnée de l’Orchestre de l’Opéra du Caire, dirigé par José Collado — s’empare à nouveau de la scène traquant l’émotion, déployant ses feux lyriques avec une suprême élégance, l’attente, la colère, l’exaspération ou encore la nervosité montent en volutes, s’évanouissant dans la nuit blanche... Les cordes vocales révèlent tout l’aspect lumineux, architecturé d’une voix tout en puissance. Un coffre jouant de l’infinie douceur, comme un imperceptible souffle de vent, à l’étendue grave et riche. De l’«Adieu di Mimi» (La Bohême, de Puccini), à «Il est doux, il est bon» (Hérodiade, de Massenet), en passant par la «Chanson de paloma» (El Barberillo de Lavapiès, de Barbéri), et «Io son l’umile ancella » (Adriana Lecouvreur, de Cilea), c’est l’intensité de la couleur et de la poésie qui embrase les arcades centenaires du palais de Beiteddine et qui soulève des tempêtes d’applaudissements. Mais la soirée était aussi un grand programme de duos interprétés par deux cantatrices: Montserrat Caballe et Montserrat Marti, sfogato qui accompagne souvent sa mère. Un duo de cœur qui a interprété des plages musicales admirables comme «Habaneira» (Penella), «Barcarole» (Offenbach), «Boléro» (los Damantes de la Corona, Barbiéri), «Il mio scettro» (Il Temistocle, Pacini) et en une technique vocale impressionnante le «Cat’s duet» de Rossini.
Humour et maestria: une mystérieuse alchimie qui aura fonctionné jusqu’au bout.

May MAKAREM
L’édition 97 du festival de Beiteddine aura été marquée par le concert du soprano Montserrat Caballe... et par un accident technique qu’on arrive presqu’à ne pas regretter. Il aura permis à un auditoire composé de 4.000 personnes venues écouter une des plus belles voix au monde, de découvrir un humour de tonnerre et une grande élégance.«Cette voix de rêve», cette «voix magique» entame en ouverture «Vorrei veder lo sposo» de Rossini. Les applaudissements qui éclatent des premières rangées se mêlent à une rumeur venue du fond de l’estrade: le micro n’ayant pas fonctionné, la salle dans sa majorité n’a pas entendu la Caballe. Fait sans «prélude», le micro a «craqué» devant la Diva.L’humour et l’ironie seront toujours quelque chose de libérateur mais aussi quelque chose de sublime et...