L’appel d’offres remporté par le français GEC Alsthom (8 turbines), le suisse ABB (8 alternateurs), et l’alliance Voith-Siemens-GE Canada (6 turbines et 6 alternateurs) porte sur près de 800 millions de dollars.
Le coût du barrage, appelé à devenir la plus grande centrale hydro-électrique au monde après son achèvement en 2009, s’élèvera de son côté à 90 milliards de yuans (10,8 milliards de dollars), dont 40 milliards assignés au relogement de plus d’un million de riverains, selon le gouvernement.
Mais des estimations indépendantes doublent, voire triplent ces prévisions.
«C’est toujours difficile de faire des estimations précises dans ce genre de projets étalés sur plusieurs années», a commenté un banquier occidental à Pékin.
«Les coûts peuvent toujours dériver, d’abord parce que le nombre de paysans à reloger a dû être sous-estimé, mais aussi parce que si l’on trouve des roches trop dures, ou si le prix du ciment et de l’énergie augmentent au cours des prochaines années, il faudra que le gouvernement refasse ses calculs», a-t-il ajouté.
En outre, dans un chantier de cette taille, les autorités doivent veiller à la tentation du détournement d’argent, notamment sur les projets sociaux.
En janvier, un organisme spécial a été créé pour surveiller la bonne distribution de ces fonds.
Le barrage des Trois Gorges, situé sur le cours central du Yangtze, dans la province du Hubei (centre), sera doté au total de 26 unités de 700 mw, dont les premières entreront en service dès 2003.
De 1,6 km de long et 185 mètres de hauteur, il devrait produire, pleine capacité, quelque 18.200 mégawatts.
Cette construction pharaonique est considérée comme la «créature» du premier ministre Li Peng, qui a réussi à l’imposer contre l’avis de nombreux experts chinois et des groupes de défense de l’environnement. (AFP)

