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Actualités - Chronologie

Les mouvements de réfugiés burundais alimentent les tensions en Tanzanie

D’importants mouvements de réfugiés burundais en provenance et en direction de l’ouest de la Tanzanie continuent d’entretenir les rumeurs d’une guérilla hutue burundaise implantée en territoire tanzanien. Selon de nombreuses sources, les déplacements de population sont substantiels, mais indénombrables sur la frontière tanzano-burundaise, entre la ville de Kigoma, sur les rives du lac Tanganyika, et Ngara, à proximité de la frontière rwandaise.
Neuf camps abritent actuellement près de 230.000 réfugiés burundais et 75.000 congolais (ex-zaïrois) dans la région.
Les relations entre la Tanzanie et le Burundi se sont détériorées ces derniers mois, le régime de l’homme fort burundais, Pierre Buyoya (tutsi), accusant la Tanzanie d’abriter des groupes armés hutus sur son territoire.
Une source onusienne à Bujumbura a déclaré que le CNDD (Conseil national pour la défense de la démocratie, opposition) «venait de recevoir une importante cargaison d’armement et d’équipements militaires».
«Le matériel est passé par le port de Kigoma. Une partie des ces armes a ensuite été cheminée à Nyanza-Lac (sud-ouest du Burundi) et dans les camps servant d’entraînement aux réfugiés burundais de Tanzanie» a-t-elle affirmé.
Les organisations sur le terrain semblent beaucoup plus prudentes. «Il y a beaucoup de rumeurs de milices s’entraînant dans les camps, mais nous n’avons aucune preuve», tempère Bushra Halepota, responsable du bureau de Kasuru (ouest de la Tanzanie) du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
«Tout le monde nous dit : je ne les ai pas vus, mais je sais qu’ils existent. C’est très difficile de confirmer ou d’infirmer», a t-elle ajouté.
En janvier dernier, le camp de Lukole, près de Ngara, avait été le théâtre d’affrontements entre partisans du CNDD et ceux du Palipehutu, une autre faction de la rébellion burundaise.
La police tanzanienne avait arrêté 126 personnes pour les livrer au Burundi et 122 d’entre elles avaient été tuées par l’armée burundaise, selon le HCR.
A la mi-juillet, Dar es-Salaam avait accusé les troupes burundaises d’avoir pénétré sur son territoire et tué des villageois tanzaniens, ce que Bujumbura a démenti. Le camp est, depuis, devenu très calme. «Il n’y a pas d’activités politiques apparentes à Lukole», affirme aujourd’hui, prudent, un observateur à Ngara.
En revanche, les déplacements de population sont permanents autour des camps, tous placés à moins de cinquante kilomètres de la frontière. Il est par ailleurs établi que certains réfugiés s’enregistrent plusieurs fois, dans le but d’obtenir plus de nourriture et d’assistance. Et des carnets de rationnement peuvent aisément être transmis aux rebelles.
«Il y a beaucoup de mouvements irréguliers de réfugiés des camps vers le Burundi, et inversement. Cela entretient le sentiment d’insécurité», estime une source humanitaire à Kigoma.
La Tanzanie, où se réuniront sous les auspices de l’ancien président Julius Nyerere le 25 août prochain à Arusha, les parties prenantes au conflit burundais, a de son côté toujours nié toute assistance aux rebelles. Mais contrôler une zone de plus de 350 kilomètres de savane épaisse ne semble pas être à sa portée. Plusieurs sources reconnaissent que les rebelles peuvent facilement utiliser les premiers kilomètres du territoire tanzanien, le long de la frontière.
«L’armée tanzanienne ne peut s’offrir les équipements nécessaires pour contrôler la frontière, particulièrement poreuse. Concrètement, elle laisse les réfugiés passer malgré sa fermeture officielle», estime pour sa part un diplomate africain.
Il conclut : «Si Buyoya a des problèmes, ils (les Tanzaniens) laisseraient faire. Mais ils n’organiseraient pas une déstabilisation« de son régime. «Mais s’il y a vraiment des activités militaires autour des camps, le gouvernement tanzanien est forcément au courant». (AFP)
D’importants mouvements de réfugiés burundais en provenance et en direction de l’ouest de la Tanzanie continuent d’entretenir les rumeurs d’une guérilla hutue burundaise implantée en territoire tanzanien. Selon de nombreuses sources, les déplacements de population sont substantiels, mais indénombrables sur la frontière tanzano-burundaise, entre la ville de Kigoma, sur les rives du lac Tanganyika, et Ngara, à proximité de la frontière rwandaise. Neuf camps abritent actuellement près de 230.000 réfugiés burundais et 75.000 congolais (ex-zaïrois) dans la région. Les relations entre la Tanzanie et le Burundi se sont détériorées ces derniers mois, le régime de l’homme fort burundais, Pierre Buyoya (tutsi), accusant la Tanzanie d’abriter des groupes armés hutus sur son territoire. Une source onusienne...