Un spécialiste suédois, le Pr Per Bjorntorp, vient de lancer un cri d’alarme sur la progression galopante de l’obésité dans le monde dans la revue médicale britannique The Lancet.
L’équipe du Dr Philippe Froguel de l’Institut Pasteur de Lille (Nord) a engagé une nouvelle recherche sur les gènes de l’obésité de l’enfant. L’opération sera appuyée par une campagne de recrutement en septembre.
Le programme sur l’obésité de l’adulte, lancé en 1993, a permis de regrouper plus de 300 familles volontaires (2.000 personnes, dont 1.500 avec surpoids ou franche obésité), a indiqué Philippe Gallina, responsable de ce recrutement familles.
Sur ces 1.500 volontaires, 500 atteignent l’obésité massive (femme de 1,60m pesant 110-120 et même 150 kg). L’un des participants à l’étude, un homme, atteint 250 kg pour 1,70m. Il a des frères et sœurs dépassant les 100 kilos alors que d’autres n’ont aucun problème de poids. Mystère que l’étude pourrait élucider.
«L’obèse adulte a souvent souffert d’obésité dans son enfance, nous affinons l’enquête génétique et généalogique», explique M. Gallina. Pour l’enquête sur les enfants, l’indice de masse corporelle retenu (outil de mesure technique de l’obésité) est supérieur à 25, soit par exemple un enfant de 10 ans mesurant 1,20m pesant 45 à 50 kg.
Si la généalogie confirme l’aspect héréditaire du problème de poids, un questionnaire est envoyé à la famille et au médecin traitant. Ensuite, une prise de sang permet un bilan biologique (glycémie, cholestérol, etc.).
L’examen de sang permet aussi d’analyser l’ADN, le long fil porteur des gènes qui se trouvent à l’intérieur des cellules. Il s’agit de comparer les gènes des personnes restées minces dans la famille avec les gènes des obèses pour tenter de mieux comprendre cette maladie multifactorielle: son apparition dépend de plusieurs éléments, sédentarité, alimentation, génétique.
Les volontaires belges, proches de Lille, devront se déplacer, l’envoi par poste d’échantillons sanguins en provenance de l’étranger étant soumis à autorisations particulières, relève M. Gallina.
L’obésité augmente dangereusement le risque de développer des pathologies ou des complications comme le diabète, l’hypertension artérielle, des maladies cardiaques ou des attaques cérébrales.
D’où l’inquiétude des spécialistes devant la progression de l’obésité infantile, qui risque de se perpétuer ou de réapparaître à l’âge adulte.
En France, la proportion d’enfants obèses est passée de 2,5 à 3,5% entre 1980 et 1986 et en Grande-Bretagne de 8 à 12% entre 1972 et 1981.
En Chine, la proportion de garçons de 7 à 18 ans anormalement gros est passée de 2,75% en 1985 à 8,65% en 1995 et celle des filles de 3,38% à 7,18%, s’alarmait l’an dernier le China Daily. (AFP)

