Néanmoins, plus important encore est le fait que M. Annan «maintienne les gouvernements concentrés sur le débat» relatif aux problèmes financiers de l’ONU causés par le non-paiement des contributions dues par les pays membres, a déclaré le porte-parole du secrétaire général Fred Eckhard.
M. Annan est parvenu à «maintenir la pression sur le Congrès américain et les plus de 100 membres sur un total de 185 qui n’ont pas encore payé la totalité de leur contribution pour 1997», a souligné le porte-parole.
Les Etats membres de l’ONU doivent actuellement aux Nations Unies plus de trois milliards de dollars. Ce problème a été exacerbé par le fait que le Congrès américain fait dépendre le versement des arriérés dus par les Etats-Unis d’une réforme du fonctionnement des Nations Unies et d’une réduction de ses dépenses.
Les Etats-Unis qui contribuent à 25% du budget de l’ONU, ont de larges retards de paiement, une dette chiffrée par M. Annan à 1,3 milliard de dollars.
M. Annan, qui a achevé hier une visite officielle de trois jours en Suède, avait lancé un avertissement aux mauvais payeurs. «Si des pays membres continuent à ne pas acquitter leur quote-part, nous devrons imposer une pénalité ou trouver une autre source de financement, ou alors faire face à une très sérieuse crise».
Selon M. Eckhard, M. Annan s’est adressé au secteur privé pour surmonter les difficultés financières de l’ONU, la première démarche de ce type entreprise par un secrétaire général des Nations Unies.
M. Annan a «rencontré les dirigeants d’une dizaine de fondations privées américaines parmi les plus importantes. Plusieurs ont manifesté de l’intérêt pour les projets de l’ONU», a-t-il dit. Il a également appelé des industriels à aider l’ONU lorsqu’il s’est rendu à Davos (Suisse) en janvier.
Le secrétaire général avait proposé le 16 juillet devant l’Assemblée générale réunie à New York la création d’un «fonds d’avances renouvelables» d’un milliard de dollars qui serait alimenté par des contributions volontaires pour assurer la solvabilité de l’ONU.
M. Eckhard a relevé qu’au cours des dernières années, l’ONU était parvenue tant bien que mal à s’en sortir en prélevant sur le poste budgétaire des opérations de maintien de la paix pour assurer ses dépenses courantes. Mais dans un avenir proche, les fonds consacrés aux opérations de maintien de la paix vont «rétrécir», aussi sera-t-il difficile d’y recourir pour combler les trous du budget régulier, a-t-il remarqué. (AFP)

