«Je n’ai aucun regret»: Gopal Godse, 78 ans, assure que s’il fallait de nouveau assassiner le Mahatma Gandhi, il le referait, sans état d’âme.
Godse était l’un des dix conspirateurs hindous fanatiques qui organisèrent l’assassinat de celui qu’on appelait «bapu» (le «père»), le 30 janvier 1948, six mois à peine après l’indépendance. Son frère Nathuram tira les trois balles meurtrières. Il fut pendu avec un comparse.
«Il n’y avait rien de personnel, c’était politique. Nous ne haïssions pas Gandhi comme homme», affirme sans passion Godse, arrière-grand-père retraité à Pune (ouest) qui sert tranquillement le thé à son visiteur. Gandhi «ne méritait pas une mort naturelle. il méritait de mourir comme il est mort».
Sur une table près de sa fenêtre, un dessin encadré représente son frère et certains de ses co-conspirateurs.
Selon Godse, Gandhi, jugé pro-musulman, avait signé son arrêt de mort en insistant pour que New Delhi respecte son engagement à donner 15 millions de dollars au Pakistan dont l’Inde venait d’être séparé en 1947. Il affirme que cet argent servit à acheter les armes utilisées par le Pakistan dans sa première guerre contre l’Inde en 1948 à propos du Cachemire;
«Gandhi était un hypocrite, assure-t-il. Sa théorie de non-violence a été bâtie sur le cadavre d’Hindous».
Godse, un ancien militaire, a passé 20 ans en prison.
Aujourd’hui, il donne des conférences pour expliquer que son geste n’était pas l’œuvre d’un fou, mais un acte politique. Il a écrit plusieurs livres, dont un intitulé: «Gandhi, le meurtre et moi», qui, dit-il, s’est vendu à 200.000 exemplaires en Inde.
Il ne fêtera pas l’indépendance. Le jour le plus important est pour lui le 15 novembre: un groupe de ses amis se réunit autour de l’urne contenant les cendres des deux conjurés exécutés.
«Nous jurons de reprendre les territoires perdus par l’Inde lors de la partition», explique-t-il, précisant qu’alors seulement, ces cendres seront immergées dans l’Indus. Ce fleuve coule aujourd’hui au Pakistan.
Un coup de téléphone interrompt l’interview. C’est la police. Godse lui fournit son emploi du temps. Vingt ans après sa libération, on le surveille encore. Au cas où. (AFP)


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