Ces opérations de ratissage, appelées «Wakimbizi» («réfugiés» en Swahili), ont été lancées sur tout le territoire tanzanien début 1997, mais concernent particulièrement le nord-ouest du pays, le long de la frontière avec le Burundi et sur la rive du lac Tanganyka.
Plus de 300.000 réfugiés, essentiellement burundais et congolais (ex-zaïrois), vivent dans cette région dans neuf camps en attendant une solution pour leur retour.
Tous les immigrants illégaux ainsi que les réfugiés surpris en train d’essayer de rentrer spontanément dans leur pays, sont arrêtés.
«La police met les immigrants en garde à vue pour la nuit et appelle le HCR» (Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés), explique une source humanitaire à Kigoma, sous couvert de l’anonymat.
«S’ils ne sont pas des réfugiés et qu’ils n’ont pas de papiers locaux, leur sort n’est plus l’affaire du HCR», ajoute la même source. Les individus sans statut légal sont immédiatement reconduits à la frontière.
En revanche s’ils peuvent bénéficier du statut de réfugié, la Tanzanie refuse de les laisser repartir seuls dans leur pays d’origine, si les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes. Des réfugiés congolais sont ainsi arrêtés de temps en temps alors qu’ils tentent de traverser le lac Tanganyka en pirogue pour rentrer chez eux.
Le long de la frontière ouest de la Tanzanie, entre Kigoma et Ngara, le HCR enregistre toujours de nouveaux arrivants ainsi que des départs spontanés, en particulier pour le Burundi.
A ces mouvements, s’ajoute la tentative de certains réfugiés de s’installer dans les villages alentours ou de vendre leur force de travail chez les paysans tanzaniens.
Ces pratiques sont totalement illégales. Les réfugiés ne peuvent théoriquement sortir d’un rayon de 4 kilomètres au-delà de leur camp. Mais dans la réalité, les entorses à la règle sont nombreuses. (AFP)

