Le plus grand coureur de 800m depuis Sebastian Coe a été fidèle au rendez-vous, prenant la course à son compte dès le coup de feu pour ne plus lâcher le commandement.
Kipketer, qui avait égalé le record du monde de Coe en 1’41’’73 à Stockholm, passait à mi-course en moins de 50 secondes, dans les temps du record, mais se relâchait sur la fin pour s’imposer sans opposition en 1’43’’38. Déjà champion du monde en salle, le Danois, comme le Marocain Hicham el-Guerrouj sur 1.500m, faisait coup double.
Derrière, les autres favoris étaient en déroute et le Cubain Norberto Tellez prenait la deuxième place devant l’Américain Rich Konah, revenu dans la dernière ligne droite.
Boldon, lui, avait surtout une revanche à prendre sur sa déconvenue du 100m où, favori de la finale, il avait flanché, ne terminant qu’à la 5e place.
Sur la distance supérieure, il a comme Kipketer pris le taureau par les cornes, menant la danse de bout en bout pour l’emporter en 20’’03.
Bidouane la surprise
«Le 100m avait été une grosse déception parce que je ne pouvais pas être mieux préparé pour une course. Mon corps a tout simplement craqué», a-t-il dit.
«Mais si je veux être le sprinter de demain, je dois être capable de me reprendre après un faux pas», a ajouté le premier Trinitéen sacré au plus haut niveau du sprint mondial depuis Hazely Crawford aux Jeux de Montréal en 1976.
Avec cette victoire, c’est l’entraîneur américain John Smith qui réussit le carton plein, son poulain Maurice Greene ayant déjà enlevé le 100m.
«Je lui ai dit de sauter à la gorge de Frankie Fredericks», a expliqué Smith à propos de la stratégie de Boldon.
Smith aurait pu réussir un triplé si Marie-José Pérec, championne olympique en titre, avait pu défendre son bien sur 200m dames. Une élongation à la cuisse droite a empêché la Française de défendre ses chances et on attendait un succès facile de Merlene Ottey.
C’est au contraire l’Ukrainienne Janna Pintoussevitch, battue sur le fil au 100m par l’Américaine Marion Jones, qui a profité de l’aubaine pour l’emporter en 22’’32, devant la Sri Lankaise Susanthika Jayasinghe et Ottey.
Au 400m haies, la Marocaine Nezha Bidouane s’est elle aussi jouée des favorites en revenant dans la dernière ligne droite sur la tenante du titre américaine Kim Batten et la championne olympique jamaïcaine Deon Hemmings pour gagner sur le fil.
«On a de très bonnes conditions d’entraînement au Maroc et je me suis beaucoup améliorée cette année après une opération au tendon d’Achille», a-t-elle déclaré.
Bidouane imite ainsi, en 52’’97, sa compatriote El-Moutawakil, championne olympique de la distance aux Jeux de Los Angeles en 1984.(Reuter)

