Pour la deuxième année consécutive, le Nigeria figure en tête du classement des pays les plus corrompus publié par l’association berlinoise Transparency International (TI).
Il précède d’une courte tête la Bolivie et la Colombie. Il prend toutefois soin de préciser que son étude ne concerne que les 52 pays pour lesquels elle a obtenu des résultats exploitables. Il est donc probable que certains pays sont plus corrompus encore.
La Russie, l’Inde et la Chine figurent respectivement en quatrième, huitième et 12e positions.
Mais l’association ajoute qu’il serait illusoire de considérer que les démocraties occidentales sont à l’abri de la corruption et des trafics d’influence.
«Il suffit, ajoute-t-elle, de considérer la différence d’image subie cette année par la Belgique, qui est le pays ayant enregistré la plus forte hausse en ce qui concerne la perception de la corruption», a déclaré à la presse Peter Eigen, président de II et ancien directeur de la Banque mondiale.
Ce cas particulier, a-t-il souligné, est dû à l’indignation suscitée par l’affaire Dutroux, qui a amené une partie de la population belge à se poser des questions sur l’intégrité du système judiciaire et de la classe politique.
Si on prend le classement en sens inverse, les pays nordiques remportent la palme de l’honnêteté. Le Danemark arrive en tête, suivi de la Finlande et de la Suède. Viennent ensuite la Nouvelle-Zélande et le Canada.
Quant aux autres grandes puissances, leurs résultats moyens ne leur donnent pas de quoi pavoiser: l’Allemagne est 13e de ce classement «positif», la Grande-Bretagne 14e et les Etats-Unis 16es. La France n’est que 20e, le Japon 21e et l’Italie 30e.
Pour parvenir à ce classement, II donne à chacun des 52 pays une note de 0 à 10 (en fait 1,76 pour le Nigeria, 9,94 pour le Danemark). Celle-ci est attribuée d’après un maximum de sept sondages différents par pays. Sont ainsi consultés non seulement des représentants du monde des affaires et des analystes politiques, mais aussi un échantillon représentatif du grand public.
Il précise avoir modifié sa méthologie: ses deux premières études ne se fondaient que sur les impressions de personnes employées par des sociétés ou des institutions multinationales, ce qui était préjudiciable aux pays en développement. (Reuter)

