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Actualités - Chronologie

Les cent jours de Blair : ton nouveau et réformes

Un cessez-le-feu de l’IRA, la marche vers l’autonomie écossaise, l’indépendance de la Banque d’Angleterre, un élan humanitaire en politique étrangère et un ton nouveau ont marqué les 100 premiers jours du gouvernement de Tony Blair.

Depuis la victoire des travaillistes aux législatives du 1er mai qui lui a permis d’accéder au poste de premier ministre, il reste sur la crête des sondages, même si l’opposition recomposée et la gauche de son parti commencent à lui promettre des jours moins faciles.
Sans à-coups, avec un professionnalisme surprenant après 18 ans d’opposition et que d’aucuns disent broyeur d’idéaux, la machine travailliste applique à la lettre un programme électoral «moderne, équitable et fort».
«Modernes», les travaillistes s’appellent par leurs prénoms en Conseil des ministres et leur chef fait du vélo en marge des sommets européens, où il a inauguré une relation plus confiante avec ses partenaires.
«Fort», Blair, admirateur de la poigne thatchérienne, a imposé un style néo-présidentiel et ses adversaires l’accusent de passer par-dessus la tête des Communes, la chambre basse du Parlement où règne la majorité la plus large depuis l’après-guerre.
Comme son prédécesseur John Major, Blair a placé le processus de paix en Irlande du Nord en tête de ses priorités.
Sa nouvelle donne, promue par le ministre à l’Ulster Mo Mowlam, a permis de remettre sur les rails le processus de paix.
Blair a obtenu un cessez-le-feu de l’Armée républicaine irlandaise en ne craignant pas de donner aux catholiques républicains ce qu’ils avaient attendu en vain des conservateurs: une date d’entrée pour le Sinn Fein aux pourparlers sur l’avenir de l’Ulster, un calendrier de négociations — 15 septembre 1997 à mai 1998 —, et un compromis sur le désarmement.
Reste à obtenir la coopération sur ce compromis des unionistes protestants, inquiets également du rapprochement de Londres avec Dublin et Washington. Bill Clinton et Tony Blair ont développé, au-delà de leur parenté idéologique, une relation personnelle étroite.

Chantiers historiques

Autre chantier historique, Blair a lancé la marche vers l’autonomie de l’Ecosse et, dans une moindre mesure, du Pays de Galles.
Les indépendantistes écossais sont ralliés — et les conservateurs résignés — au projet d’un Parlement écossais doté de pouvoirs fiscaux. Le «oui» au référendum du 11 septembre semble acquis.
Là comme en Irlande du Nord, Blair prévient avec pragmatisme tout débordement des forces centrifuges dans le Royaume-Uni.
Ses premières mesures économiques, telle l’indépendance de la Banque d’Angleterre sur les taux d’intérêt, ont été saluées comme «un excellent départ» par le Fonds monétaire international.
Sans puiser dans les caisses publiques, le tout puissant chancelier de l’Echiquier (ministre des Finances) Gordon Brown va financer la formation et le retour à l’emploi de 250.000 chômeurs avec une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des services publics privatisés.
Introduction de lourds droits d’inscription universitaires, réduction des allégements fiscaux sur les emprunts immobiliers…: Blair n’a pas redouté non plus les mesures impopulaires.
Mais entre hausses des taux, envolée de la livre et accélération de la consommation, certains économistes redoutent déjà inflation et récession.
A l’extérieur, le secrétaire au Foreign Office Robin Cook a ostensiblement ouvert une ère de politique étrangère «centrée sur les droits de l’homme».
Témoin le veto sur les ventes d’armes aux régimes réputés anti-démocratiques — même si un contrat en cours avec l’Indonésie sera honoré — ou l’interdiction de la fabrication et de la vente des mines antipersonnel.
Avec la suspension d’un député soupçonné de corruption, l’interdiction des armes de poing, une nouvelle étude sur le syndrôme de la guerre du Golfe ou la réouverture de l’enquête sur un crime raciste célèbre, le gouvernement veut aussi convaincre qu’une équipe plus soucieuse d’éthique est désormais aux affaires. (AFP)
Un cessez-le-feu de l’IRA, la marche vers l’autonomie écossaise, l’indépendance de la Banque d’Angleterre, un élan humanitaire en politique étrangère et un ton nouveau ont marqué les 100 premiers jours du gouvernement de Tony Blair.Depuis la victoire des travaillistes aux législatives du 1er mai qui lui a permis d’accéder au poste de premier ministre, il reste sur la crête des sondages, même si l’opposition recomposée et la gauche de son parti commencent à lui promettre des jours moins faciles.Sans à-coups, avec un professionnalisme surprenant après 18 ans d’opposition et que d’aucuns disent broyeur d’idéaux, la machine travailliste applique à la lettre un programme électoral «moderne, équitable et fort».«Modernes», les travaillistes s’appellent par leurs prénoms en Conseil des ministres et...