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Actualités - Chronologie

Jeanne Calment aurait dû être autopsiée, estiment des scientifiques

Des experts scientifiques français ont vivement déploré qu’une autopsie ou au minimum des prélèvements de tissu cérébral n’aient pu être pratiqués sur l’ex-doyenne de l’humanité, Jeanne Calment, décédée lundi à l’âge de 122 ans à Arles dans le sud-est de la France.

«C’est presque criminel», a affirmé le Pr Bernard Forette président de la Société française de gérontologie.
Il a souligné «qu’une longévité aussi extrême est exceptionnelle» et s’est insurgé contre cette «opportunité manquée d’en savoir plus sur le cerveau humain et sur tout ce qui permet de distinguer vieillissement normal et pathologique».
«Ce geste peut se faire dans le respect de la dignité de la personne humaine», a ajouté ce scientifique.
Jeanne Calment, qui aimait dire que «Dieu l’avait oubliée» pour expliquer sa longévité, a été inhumée mercredi à Arles au cours d’une cérémonie intime. La ville d’Arles, où elle affirmait avoir rencontré dans sa jeunesse le peintre Vincent van Gogh, lui rend un hommage solennel jeudi. Elle était née en 1875.
Le Pr Forette a rappelé que l’examen du cerveau contribuait à faire avancer les connaissances et à donner, à terme, l’espoir de mieux combattre des fléaux incurables comme la maladie d’Alzheimer, une forme de démence sénile mortelle, qui touche environ 10% des personnes de plus de 65 ans dans les pays développés. L’ancien président américain Ronald Reagan, qui est âgé de 86 ans, en est frappé depuis quelques années.
Le fait que Jeanne Calment était apparemment indemne de cette maladie aurait pu fournir des enseignements, estime le Pr Forette.
Pour Jean-Marie Robine, démographe spécialiste des centenaires, «Mme Calment était la première intéressée par son cas». A son avis, elle n’était «pas contre un tout petit prélèvement de cerveau».
Plusieurs experts l’ayant rencontrée estiment d’ailleurs que l’obstacle a été d’abord administratif, mais aussi peut-être que les médecins ont «baissé les bras».
Pour le Pr Jean-Jacques Hauw, neurologue, expert renommé d’anatomie pathologique (maladies de Creuzfeldt-Jakob, d’Alzheimer), cette absence de prélèvement cérébral est «regrettable».
«Il aurait été possible de répondre à un certain nombre de questions dans le domaine du vieillissement, touchant, par exemple, aux variations avec l’âge des taux d’hormones dans le cerveau ou à la perte de neurones».
Il souligne aussi que «la loi (sur les autopsies) est mal faite et confuse et qu’il faudra la clarifier». «La France fait de moins en moins de prélèvements post mortem», et il y a là, selon lui, «un risque d’obscurantisme».
Le vieillissement est une des grandes préoccupations de l’avenir qui se profile derrière la montée démographique des plus de 65 ans (ils seront en Europe plus de 100 millions en 2020 contre 69 millions en 1994), avec à la clé des défis pour la science, comme la perte d’autonomie et la maladie d’Alzheimer. (AFP)
Des experts scientifiques français ont vivement déploré qu’une autopsie ou au minimum des prélèvements de tissu cérébral n’aient pu être pratiqués sur l’ex-doyenne de l’humanité, Jeanne Calment, décédée lundi à l’âge de 122 ans à Arles dans le sud-est de la France.«C’est presque criminel», a affirmé le Pr Bernard Forette président de la Société française de gérontologie.Il a souligné «qu’une longévité aussi extrême est exceptionnelle» et s’est insurgé contre cette «opportunité manquée d’en savoir plus sur le cerveau humain et sur tout ce qui permet de distinguer vieillissement normal et pathologique».«Ce geste peut se faire dans le respect de la dignité de la personne humaine», a ajouté ce scientifique.Jeanne Calment, qui aimait dire que «Dieu l’avait oubliée» pour expliquer...