Les Nubas, qui sont arabes ou chrétiens, sont en rébellion ouverte contre le gouvernement soudanais depuis 1980.
Selon African Rights, le gouvernement soudanais a procédé à des campagnes d’élimination visant notamment les élites et les dirigeants de la communauté nuba, incendié systématiquement des villages, enlevé des paysans qu’il a déportés dans des «camps de paix» établis autour des villes de garnison.
Estimant que depuis deux ans la situation reste inchangée, African Rights constate qu’en dépit de l’escalade de la guerre dans l’est du pays et de l’engagement de l’armée soudanaise contre l’opposition à ses frontières avec l’Erythrée et l’Ethiopie, les forces gouvernementales continuent à ratisser les Monts Nuba, à environ 600km au sud-ouest de Khartoum.
«Des bombardiers et des hélicoptères de chasse ont attaqué des objectifs civils, des douzaines de villages ont été incendiés, les stocks de provisions détruits et des centaines de civils tués», précise African Rights.
«Des milliers de personnes ont été déportées dans des camps où les femmes sont violées et les hommes forcés à s’engager dans des milices tandis que des dizaines de milliers de personnes sont confrontées à la famine», ajoute African Rights.
L’organisation souligne que dans la semaine suivant l’annonce, le 21 avril, par le président soudanais Omar al-Bachir de la conclusion d’accords de paix avec des factions dissidentes de la SPLA (Armée de libération des peuples du Soudan), des soldats soudanais minaient les abords d’une nouvelle garnison à Um Dulu, dans les Monts Nuba, après avoir incendié les villages alentour et chassé leurs habitants pendant près de six semaines.
L’organisation dénonce enfin l’embargo imposé selon elle à l’assistance humanitaire, y compris médicale, à destination de ces régions par le gouvernement soudanais et accuse l’armée soudanaise «d’être à l’origine de la famine et des déplacements de populations» et «de semer la désolation au nom de la paix». (AFP)

