Lors d’une cérémonie en présence des principaux dirigeants du pays, M. Khamenei, guide de la République islamique, a remis à M. Khatami le décret de son mandat de quatre ans.
Le nouveau président de la République islamique d’Iran — le cinquième depuis la révolution islamique de 1979 —, doit encore être investi par le Parlement lundi.
M. Khatami, un religieux de 54 ans, élu le 23 mai dernier avec 69% des voix au suffrage universel direct, succédera ainsi officiellement au président sortant Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani.
Cette première cérémonie a donné l’occasion au guide de la République islamique de se prononcer contre toute ouverture vers l’Occident, tout en reconnaissant le besoin de changement dans le pays.
«Beaucoup de pays et surtout les médias se livrent à des fausses sublimations et affirment ce qu’ils espèrent dans leur cœur», a souligné l’ayatollah Khamenei.
A plusieurs reprises ces dernières semaines, des personnalités américaines et européennes ont émis l’espoir que des changements politiques interviendraient sous la présidence de M. Khatami.
«Nous devons essayer de mieux connaître notre pays et notre peuple ainsi que ses besoins et ses aspirations», a ajouté M. Khamenei, qui a conseillé au nouveau président «de déployer tous ses efforts pour enrayer la pauvreté et l’injustice» dans le pays.
«Notre république n’est pas un régime capitaliste», a tenu à souligner le «numéro un», selon lequel «le chemin de la reconstruction est encore long et difficile».
Un message spirituel
Pour sa part, M. Khatami a souligné que «le message de la révolution islamique est un message spirituel pour les peuples».
«Sur le plan international, nous voulons la paix et la sécurité pour les peuples», a déclaré le nouveau président. «C’est pour cela que nous sommes opposés à toute domination des grandes puissances et pensons qu’elles représentent un obstacle pour la paix et qu’elles sont à l’origine des tensions», a-t-il précisé.
M. Khatami a ajouté que le succès de son action «dépendrait de la solidarité et de la coopération de toutes les forces de la société».
«Une coopération étroite entre les trois pouvoirs, législatif, judiciaire et exécutif, dans le cadre de la loi et sous la supervision du guide suprême, est la condition de la réussite de l’action du gouvernement», a ajouté le nouveau chef de l’Etat.
De son côté, le président sortant a affirmé qu’il remettait «les responsabilités» du pouvoir à M. Khatami «en toute sérénité».
«Je n’ai aucun doute que le processus actuel de reconstruction va se développer», a ajouté M. Rafsandjani.
Conformément à la constitution iranienne, le guide de la République islamique doit «signer et confirmer» le décret signifiant le début du mandat de 4 ans du nouveau président.
Cependant, selon les médias officiels, la confirmation du mandat de M. Khatami par M. Khamenei permet déjà au nouveau président de prendre officiellement ses fonctions.
Après son investiture par le Parlement, qui se déroulera en présence notamment de M. Rafsandjani, M. Khatami disposera d’un délai maximum de deux semaines pour soumettre au Parlement la liste de son cabinet.
Le Parlement, dominé par les conservateurs et dont le président Ali Akbar Nategh-Nouri a perdu le scrutin présidentiel face à M. Khatami, aura alors une semaine pour examiner la liste du gouvernement. (AFP)

