Le film raconte à un rythme haletant le détournement de l’avion présidentiel «Air Force One» par des terroristes du Kazakhstan qui demandent la libération de l’un des leurs, la panique qui s’ensuit à la Maison-Blanche, les négociations difficiles qui se mettent en place entre les terroristes et la vice-présidente Kathryn Bennett (Glenn Close), femme au tempérament d’acier.
Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est pas fortuite: le président James Marshall, joué par Harrison Ford, a l’âge de Bill Clinton, une allure qui rappelle l’actuel chef de l’exécutif américain. Il a dans le film une femme et une fille adolescente laquelle l’accompagne volontiers, là encore comme Clinton. Et est fan de football américain.
Courageux, intelligent, charismatique et profondément humain, le président Marshall ne pouvait que plaire à l’hôte de la Maison-Blanche.
Enthousiaste, Bill Clinton a reconnu qu’il avait vu déjà deux fois «Air Force One». «C’est un très bon film. Vous devriez aller le voir», a-t-il déclaré cette semaine aux journalistes depuis le pied de la passerelle du vrai «Air Force One».
Le président y a vu cependant quelques libertés prises avec la réalité: «A ce que je sache, il n’y a pas d’habitacle éjectable» (dans lequel le président est censé s’enfuir), et les services secrets «n’ont pas l’arsenal» dont ils disposent dans le film, a-t-il ajouté dans un éclat de rire.
Trois jours après sa sortie, le film était numéro un au box office, avec des entrées ayant rapporté 37,13 millions de dollars, loin devant «George de la Jungle» (13,2 millions pour la même période) et «Men in Black» (12,6 millions). Les experts prédisent qu’il devrait dépasser les 100 millions de dollars.
Le film a en tout cas réconcilié le président avec le cinéma, après sa colère provoquée par un autre film, «Contact», sorti également ce mois. Le réalisateur Robert Zemeckis avait falsifié une vraie conférence de presse, et l’on y voyait Bill Clinton lancer un appel au calme à la population après un premier «contact» avec des extraterrestres.
Le porte-parole de la Maison-Blanche Michael McCurry avait souligné la différence entre «une parodie légitime» et le fait d’utiliser l’image du président «de telle manière que le spectateur est amené à imaginer qu’il a dit quelque chose qu’il n’a en réalité jamais dit».
La mise au point était probablement nécessaire, tant le président est devenu la dernière valeur montante à Hollywood.
«Air Force One» est au moins le quatrième film cette année à mettre en scène le président, après «Contact», «Absolute Power» de Clint Eastwood, racontant l’histoire d’un président assassin pour cacher ses frasques sexuelles, et «Murder at 1600», celui d’un meurtre à la Maison-Blanche.
En 1996, c’était «Independence Day» et son président confronté à l’invasion d’extraterrestres, «My Fellow Americans», mettant en scène deux anciens présidents, et «The American président» contant les amours à la Maison-Blanche d’un président play-boy, joué par Michael Douglas.
La plupart de ces films, souligne Stéphanie Greco Larson, professeur de sciences politiques spécialisé dans l’analyse des médias, ont une «mission unificatrice. Avec la fin de la guerre froide, nous n’avons plus d’ennemi qui nous unissent. En tant que peuple, nous voulons nous sentir unis contre un agresseur, et nous transférons cela dans la fiction».
Mais, ajoute-t-elle, «cela va encore aggraver le problème que nous avons déjà, qui est de demander trop à notre président. Les effets spéciaux (et les décors) sont tellement réalistes que nous oublions parfois qu’il s’agit d’une fiction».
L’hebdomadaire People le confirmait cette semaine, expliquant que Harrison Ford était tellement bon dans «Air Force One» que cela donnait envie de voter pour lui. (AFP)

