Toyota sera le premier constructeur automobile à proposer ce genre de véhicules à la vente.
«Dans un premier temps, loin de faire des bénéfices, je pense que la voiture hybride sera déficitaire. Mais si nous faisons une production de masse, ce produit ne sera pas un échec commercial à long terme», a déclaré à Reuter Akihiro Wada, vice-président chargé de la recherche et du développement chez Toyota.
Toyota, premier constructeur automobile japonais, assure que les nouveaux véhicules hybrides sillonneront les routes japonaises d’ici la fin de l’année.
Le constructeur automobile explique également que la consommation de carburant de ces voitures ainsi que leurs niveaux d’émission de dioxyde de carbone seront réduits de moitié par rapport aux véhicules classiques de taille comparable, comme la Corolla.
Les autres gaz émis, notamment l’oxyde d’azote et le monoxyde de carbone, seront eux réduits d’un dixième.
«A l’heure actuelle, la voiture hybride est plus pratique que la voiture tout électrique. De plus, les véhicules électriques ne sont pas à un niveau zéro de pollution puisque l’électricité provient de centrales qui utilisent des carburants fossiles. Ils ont en outre pas mal d’inconvénients, comme une faible autonomie et de longs temps de charge», estime Akihiro Wada.
La voiture hybride démarre sur son moteur électrique, lequel est relayé par le moteur classique quand le véhicule accélère et se met en vitesse de croisière. Quand la voiture ralentit ou s’arrête, le moteur à essence cesse de tourner. C’est le moteur classique qui, en tournant, recharge la batterie du moteur électrique.
Selon Akihiro Wada, Toyota prévoit de commercialiser la voiture hybride aux Etats-Unis et en Europe dès que possible après son lancement au Japon.
Il a toutefois ajouté qu’une période d’un an à 18 mois était nécessaire pour tester le nouveau véhicule au Japon, où le climat est généralement très dur pour les voitures en raison de variations climatiques très tranchées ainsi que d’une grande humidité.
Commercialisée à 25.000 dollars environ
Le 9 juillet, lors d’un forum sur les problèmes de l’environnement, le président de Toyota, Hiroshi Okuda, avait promis que la société s’engagerait davantage dans la lutte pour le respect de l’environnement.
Le président américain Bill Clinton a lancé jeudi dernier une campagne en faveur d’un traité mondial sur la réduction de la pollution provenant de la combustion d’essence, de charbon et de gaz et ce afin de parer au réchauffement de la planète.
En mars, les ministres de l’environnement de l’Union européenne ont signé un accord pour réduire d’ici 2010 de 15% — sur la base des niveaux de 1990 — l’émission de gaz à effet de serre, notamment de dioxyde de carbone. Le Japon juge cet objectif par trop ambitieux.
Toyota prévoit de commercialiser sa voiture hybride à un prix inférieur à trois millions de yens (25.600 dollars), soit près de 500.000 yens (4.273 dollars) de plus qu’un véhicule classique de même catégorie, a précisé Akihiro Wada.
Sans pouvoir préciser quelle part du marché automobile les véhicules hybrides s’assureront dans le futur, il a toutefois déclaré être sûr que «la demande pour les voitures hybrides va augmenter considérablement. Les consommateurs penseront aux économies de carburant».
Prié de dire si Toyota envisageait de vendre plus de 1.000 voitures hybrides par mois, Akihiro Wada a répondu: «Nous ne pouvons pas être précis mais (le chiffre) sera proche de ce volume. Nous ne voulons pas vendre seulement 100 ou 200 unités (par mois)».
Il ajouté que Toyota prévoyait d’étendre sa gamme de modèles hybrides à l’avenir.
Nissan Motor, le second constructeur automobile japonais, avait annoncé en mai avoir conçu un véhicule hybride et prévoyait de le commercialiser d’ici la fin de l’année 1998.
Renault et Volkswagen ont également fabriqué des prototypes de véhicules hybrides sans toutefois annoncer une éventuelle date de commercialisation. La future Smart Car doit elle aussi être déclinée en version hybride. (Reuter).

