Le regain d’intérêt pour le «billet vert» tenait donc toujours aux conjectures selon lesquelles l’endettement public aurait frôlé le produit intérieur brut (P.I.B.) libanais, au moment où le déficit budgétaire dépassait de loin, à la fin du premier semestre, l’objectif fixé par le gouvernement pour l’exercice financier 1997 (55% au lieu de 37,5%), laissant craindre une aggravation des déséquilibres financiers qui ne tarderait à se répercuter sur le climat monétaire.
Bien que les données fondamentales de l’ensemble de la situation financière et monétaire ne soient pas aussi alarmantes, il n’en demeure pas moins qu’elles ne sont guère rassurantes. C’est pourquoi le gouvernement ne saurait consentir à une nouvelle détérioration d’origine budgétaire des finances publiques, affichant une volonté de réduire les dépenses improductives et d’accroître les recettes du Trésor. En atttendant, le climat demeurait néanmoins indécis comme en témoignaient la contraction de l’offre du dollar d’un côté, et le peu d’engouement manifesté pour les placements en livre libanaise, malgré le niveau relativement bon de son loyer qui ne semble plus favoriser les transferts de fonds vers elle, d’un autre côté.
Cela étant, la devise américaine, qui avait achevé la semaine, vendredi dernier, dans une fourchette élargie comprise entre 1533,50 L.L. à l’achat et 1542,50 L.L. à la vente et à un taux moyen indicatif de 1538,00 L.L., était effectivement négociée sur le marché interbancaire au haut de cette fourchette soit entre 1542,25 et 1542,75L.L. avec un point d’ancrage à 1542,50 L.L., témoignant de la nette propension du marché à la demande plutôt qu’à l’offre du dollar. Ce mouvement est intervenu malgré que la B.D.L. ait abaissé, en un premier temps, son taux d’intervention à l’achat du dollar de 1534,00 à 1533,50 L.L. puis son taux à la vente de 1543,00 à 1542,50 L.L. en un deuxième temps, pour le faire clôturer «officiellement» en moyenne à 1538,00 L.L. contre une fourchette de 1534,00 à 1543,00 L.L. et un taux moyen de 1538,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 18 juillet, soit en léger repli de 0,03%, faisant ressortir une hausse correspondante apparemment de la livre libanaise pendant la même période.
Dollar soutenu
à l’étranger
A l’étranger, les marchés internationaux des changes ont fonctionné la semaine dernière sous le signe des déclarations faites par le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, lors de son témoignage semi-annuel devant les commissions bancaires de la Chambre des représentants et du Sénat au sein du Congrès, mardi et mercredi. Ces propos, qui avaient rassuré la communauté financière internationale sur le bon fonctionnement de l’économie américaine dont la croissance s’effectuait sans surchauffe avec une inflation basse, laissaient croire aussi que la Réserve fédérale, dont le comité de l’open market tiendra une réunion le mois prochain, pourrait relever les taux d’intérêt aux Etats-Unis pour favoriser une croissance durable et non inflationniste à l’apparition du moindre signe de surchauffe. Cela d’autant que Greenspan faisait remarquer que les performances du marché du travail avec un taux de chômage de 5% en juin et l’utilisation élevée des capacités de production (83,5%) suggéraient que l’économie était sur une voie d’expansion rapide.
Certes, les marchés ont immédiatement réagi à ces propos, se ruant sur le dollar contre toutes les autres grandes monnaies dans la perspective d’un prochain relèvement de son loyer. Ce sentiment a été, en outre, renforcé par la publication de nouvelles statisques révélant une certaine surchauffe économique pouvant justifier un nouveau resserrement du crédit. A cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par l’annonce d’une hausse plus forte que prévu de 2,3% des commandes de biens durables le mois dernier (soit la plus élevée depuis le début de cette année) contre une baisse de 0,4% en mai, au lendemain de la publication du rapport hebdomadaire, jeudi, du département américain du Travail, faisant ressortir une nouvelle et forte diminution de 42.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage pendant la semaine se terminant au 19 juillet, à 299.000 personnes (soit le chiffre le plus bas depuis juillet 1996).
De fait, ces deux statistiques, reflétant des signes de surchauffe, ne tardaient pas à reléguer au second plan la baisse de 2,6% des reventes de logements en juin et l’annonce d’un excédent budgétaire de 54,5 milliards de dollars, pendant la même période et qui ne militaient pas toutes les deux en faveur d’une hausse des taux d’intérêt.
Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu aussi des craintes liées au lancement d’une monnaie unique européenne élargie et faible ainsi que des incertitudes entourant les monnaies asiatiques de la zone du Pacifique, qui ne cessent de privilégier le dollar sur le deutsche mark et le yen notamment, surtout après la décision de la Bundesbank de maintenir en l’état sa politique monétaire, le «billet vert» devait être activement recherché contre toutes les autres monnaies. Il a, en effet, achevé la semaine, vendredi dernier, à New York à 1,8385 D.M. contre 1,7925 à la fin de la semaine se terminant au vendredi 18 juillet (+ 2,57%); à 1,5170 F.S. contre 1,4755 (+2,81%); à 6,1945 F.F. contre 6,0595 (+2,23%); 1788,00 lires contre 1746,40 (+2,38%); à 117,05 yen contre 115,60 (+1,25%) et à 1,6640 pour un sterling contre 1,6775 (+0,81%).
Or: en repli
L’or, n’ayant pas pu confirmer les meilleures dispositions qui s’étaient installées au milieu du mois sur son marché consécutivement au développement de la demande industrielle, a présenté des signes de faiblesse la semaine dernière. Ainsi, quelques ventes bénéficiaires ne tardaient pas à peser sur sa tendance, le ramenant, vendredi dernier, à New York, à 326,10 dollars l’once contre 328,90 dollars au vendredi 18 juillet, en baisse de 0,85% au moyenne.
Quant à l’argent-métal, se démarquant toujours de l’or, il a opéré une sensible avance, la semaine dernière, sur des achats à bon compte, le portant à New York, vendredi dernier, à 4,2970 dollars l’once contre 4,2420 dollars au vendredi 18 juillet, en hausse de 1,30% en moyenne.
Elie KAHWAGI


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