«Je suis prêt à discuter sans conditions préalables avec ces gens mal inspirés qui portent des armes, comme nous l’avons fait avec les militants tribaux du Nagaland», a dit le premier ministre Kumar Gujral dans un discours prononcé à Qazikund, à 80 kilomètres de Srinagar, capitale du Cachemire, seul Etat indien à majorité musulmane.
Le gouvernement indien a signé vendredi un cessez-le-feu de trois mois et va entamer des pourparlers avec la guérilla qui combat le régime de New Delhi depuis cinquante ans dans le Nagaland, un Etat à majorité chrétienne (baptiste) jouxtant la Birmanie.
Plus de 20.000 personnes sont mortes dans les affrontements au Cachemire depuis le début de la campagne anti-indienne lancée en 1989 par les séparatistes dans cet Etat de huit millions d’habitants.
En 1995, le premier ministre indien de l’époque, P.V. Narasimha Rao, avait proposé d’ouvrir des négociations avec la guérilla musulmane, mais avait exigé que celle-ci dépose d’abord les armes et que les discussions se tiennent «dans le cadre de la Constitution indienne». Cette offre avait été rejetée par les séparatistes.
La Conférence des partis pour la liberté, une coalition réunissant les groupes séparatistes du Cachemire, a annoncé qu’elle était prête à étudier l’offre de M. Gujral. «Que Gujral précise d’abord avec qui le gouvernement indien veut parler et ensuite nous déciderons que faire», a dit un de ses responsables, Abdul Gani Lone.
Dans son discours, M. Gujral a également incité le Pakistan à travailler à établir la paix avec son rival indien. «Je tends la main de l’amitié au Pakistan et j’espère qu’il l’acceptera et récoltera les bénéfices d’une nouvelle ère d’amitié», a-t-il dit.
Problème bilatéral
Trois guerres ont opposé l’Inde et le Pakistan à propos du Cachemire depuis l’indépendance et la partition du sous-continent, en 1947.
New Delhi accuse le Pakistan d’armer et d’entraîner la guérilla musulmane, ce qu’Islamabad a toujours nié, tout en apportant son soutien diplomatique au «combat légitime des Cachemiris pour l’autonomie», selon ses termes.
«J’ai rencontré le premier ministre du Pakistan. J’ai commencé des discussions avec eux au niveau des secrétaires d’Etat aux Affaires étrangères et ces discussions vont continuer à l’avenir», a dit M. Gujral, dont la visite était entourée d’importantes mesures de sécurité en raison de l’appel à la grève générale lancé par la Conférence pour la liberté.
Selon les estimations de la police, quelque 3.000 séparatistes sont actifs au Cachemire. Les deux organisations les plus puissantes sont le Front de libération du Jammu et Cachemire, qui réclame l’indépendance, et le Hizbul Moudjahidine favorable au rattachement de la région au Pakistan. (AFP).

