Les représentants de 15 confessions religieuses chrétiennes y compris des Russes orthodoxes, des Ukrainiens orthodoxes (Eglise dissidente) et des gréco-catholiques (uniates), ont signé un mémorandum qui vise à «résoudre tous leurs différends par la voie des négociations (…) d’une manière chrétienne et sur la base du respect réciproque et de la tolérance».
«Ce mémorandum est un pas vers la réconciliation des différentes confessions coexistantes en Ukraine», a déclaré le patriarche Philaret, chef de file de l’Eglise orthodoxe dissidente ukrainienne. «Mais ce document n’est qu’un accord de principe», a-t-il souligné.
Le mémorandum n’offre en effet aucune solution pratique au partage des propriétés religieuses. Mais il affirme pour la première fois, que quiconque «lève la main sur un prêtre ou un fidèle d’une autre confession ne peut être considéré comme chrétien».
Et les signataires s’engagent à «ne faire aucune déclaration offensive ou humiliante envers d’autres confessions dans les médias».
«Le mémorandum est un idéal qu’il nous faudra atteindre petit à petit», a affirmé Ihor Hojihivsky, responsable de la représentation de l’Eglise gréco-catholique à Lviv (ouest de l’Ukraine). «Il faut que les prêtres appellent leurs fidèles à la tolérance», a-t-il souligné.
Les Eglises gréco-catholiques, orthodoxe dissidente ukrainienne et orthodoxe russe s’entre-déchirent depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991 pour le contrôle des paroisses et de leurs fidèles ainsi que pour le partage des propriétés religieuses.
Prosélytisme
Les orthodoxes accusent aussi l’Eglise catholique de «prosélytisme agressif».
L’Eglise gréco-orthodoxe ukrainienne, réorganisée après de longues années de diaspora, réclame la restitution des églises et d’autres biens et propriétés ecclésiastiques confisqués par les autorités communistes ou passés entre-temps à l’Eglise orthodoxe.
Le partage des édifices religieux est une question particulièrement épineuse dans les villages où il n’existe qu’un seul lieu de culte pour plusieurs communautés religieuses. Ces dernières sont obligées de dire la messe à tour de rôle.
Dans une centaine de localités de la région de Lviv, les différentes communautés religieuses se partagent ainsi les églises. Des heurts violents ont en lieu entre 1991 et 1994. Depuis, les relations, bien que tendues, sont moins agressives, selon M. Hojihivsky.
D’autre part, les représentants de l’Eglise orthodoxe en Ukraine sont divisés entre l’Eglise orthodoxe dissidente ukrainienne, menée par le patriarche Philaret, et l’Eglise orthodoxe russe, restée fidèle à l’autorité de Moscou et dirigée par le métropolite Vladimir.
La direction de l’Eglise orthodoxe russe réunie en synode à Moscou en février a excommunié le patriarche Philaret pour avoir «aggravé le schisme» entre les deux Eglises orthodoxes.
L’Ukraine compte environ 35 millions d’orthodoxes, pour une population totale de 51 millions d’habitants. L’Eglise orthodoxe dissidente revendique 3.000 paroisses et environ 10 millions de fidèles à travers l’Ukraine. Il y a environ 5 millions d’uniates répartis dans 3.400 paroisses. (AFP)

