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Actualités - Chronologie

Yougoslavie : Milosevic prend les rênes d'un pays exsangue

M. Slobodan Milosevic prend aujourd’hui la présidence d’un pays économiquement exsangue mais disposant d’un potentiel réel s’il s’engage dans la voie des réformes et d’une réintégration dans la communauté internationale, estiment les économistes locaux et étrangers.
La situation économique de la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro) «est désastreuse. Le pays est au bord de la faillite. L’endettement intérieur et extérieur est colossal et les statistiques ne sont même pas fiables. Les réserves en devises étrangères, de 500 millions de dollars en décembre, ne devraient plus exister compte tenu du déficit de la balance des paiements (650 M USD en 96)», estime un économiste occidental à Belgrade.
Toutefois, souligne cet économiste, la Yougoslavie «se place visiblement dans la perspective d’une réintégration au FMI et mène une politique proche de ce qu’il va lui imposer en contrôlant strictement son émission monétaire et en limitant ses déficits budgétaires».
Le taux de croissance de la masse monétaire n’a pas dépassé l’an dernier celui de l’inflation qui avait été limité à 58,7% (contre 120% en 1995 et plusieurs millions de pour cent en 1993).
Pour les 5 premiers mois de 97, l’inflation s’est dégonflée à 3,1%, mettant le pays au bord d’une déflation. Il arrive fréquemment que les banques ne puissent fournir les coupures demandées par leurs clients.
Le déficit public a été limité à 3% officiellement l’an dernier mais ce chiffre, qui serait conforme aux critères de Maastricht, est obtenu du fait de salaires, de retraites et de charges sociales non payés, ce qui aggrave encore les tensions sociales.
Les chiffres de croissance industrielle sont en hausse de 7,8% pour les six premiers mois de 97 et la croissance du PIB (16 mds USD) a été de 5,8% en 96 avec des prévisions de 12% pour 1977.
Mais ces chiffres ne doivent pas faire illusion: le PIB a été divisé par deux entre 1989 et 1994. L’industrie n’a fonctionné qu’à 30% ou moins pendant les 5 ans de sanctions internationales contre la Yougoslavie jusqu’en novembre 1995.
Pour M. Jovan Rankovic, économiste universitaire animateur de la revue Ekonomika Preduzeca-l’économie d’entreprise, «avec un salaire brut moyen de 200 DM (112 USD), les salaires sont trop bas».
La moitié des salariés de l’industrie étatique ou semi-étatique ne travaillent pas». «L’énergie électrique fournie aux entreprises en 1997 représente 25% de la quantité fournie en 1989», relève-t-il.
«Les entreprises n’investissent plus depuis longtemps. L’endettement inter-entreprises atteint 8,7 mds de dinars (1,40 md USD). Elles n’ont plus de marché intérieur et ont perdu leurs marchés extérieurs qu’elles ne peuvent reprendre faute d’investissements», explique M. Rankovic.
Il relève que la politique strictement monétariste de «maintien artificiel» surévaluant le cours du dinar par rapport au mark allemand pénalise les entreprises exportatrices. «Ceux qui importent gagnent de l’argent et l’activité au noir est encouragée», s’indigne-t-il.
La part de l’économie grise est évaluée à 20% du PIB. Si les autorités décident de la combattre, elles auront d’autant plus de mal que c’est elle, avec l’agriculture puissante du pays, qui a permis de survivre lors des sanctions internationales.(AFP)
M. Slobodan Milosevic prend aujourd’hui la présidence d’un pays économiquement exsangue mais disposant d’un potentiel réel s’il s’engage dans la voie des réformes et d’une réintégration dans la communauté internationale, estiment les économistes locaux et étrangers.La situation économique de la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro) «est désastreuse. Le pays est au bord de la faillite. L’endettement intérieur et extérieur est colossal et les statistiques ne sont même pas fiables. Les réserves en devises étrangères, de 500 millions de dollars en décembre, ne devraient plus exister compte tenu du déficit de la balance des paiements (650 M USD en 96)», estime un économiste occidental à Belgrade.Toutefois, souligne cet économiste, la Yougoslavie «se place visiblement dans la...