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Actualités - Chronologie

Succès stories de jeunes dans la nouvelle Russie

Elena est énergique, audacieuse et une forcenée de travail: loin d’être une exception, elle illustre une nouvelle génération de Russes qui, révolution de mentalités oblige, est convaincue que son avenir ne dépend que d’elle-même... et le prouve.
Boris Doubine, sociologue, n’en croit pas ses yeux mais les derniers résultats d’une enquête régulièrement effectuée par l’institut où il travaille sont formels: pour la première fois depuis les longues années soviétiques, une tranche de la population – 47% des jeunes citadins – ne pense pas que son succès soit tributaire de la stabilité de la société.
A l’image de ces jeunes entre 18 et 35 ans, Elena est une vraie fonceuse. Elle dirige à 26 ans une société d’import de viande de 20 personnes, sans pour autant avoir trempé dans des affaires mafieuses.
Dans un ensemble bleu marine assez classique, elle vous reçoit entre deux appels sur son portable dans un de ces restaurants américains qui fleurissent dans la capitale russe.
Et d’une voix posée très professionnelle, elle raconte sa «success story» qui lui a valu un article dans le plus grand journal économique russe. «Ils m’ont appelée ‘la reine de la viande’, parce que de rien et sans aucune formation, j’ai monté il y a deux ans une société qui, depuis le début, engrange des bénéfices».
Au début, «jeune femme de 24 ans dans un monde des affaires naissant, on ne me prenait pas au sérieux», se souvient Elena. Elle compensait son absence de formation par la lecture de «quantités et quantités de livres» sur l’économie de marché, le marketing, la vente. «Au total, je travaillais près de 18 heures par jour».
Sa réussite, elle l’attribue à l’énergie qu’elle a «dans le sang», comme son frère qui l’assiste pour les affaires délicates, avec les douanes notamment.
«Je ne me suis pas contentée des deux premiers postes sans avenir, bien que formateurs, que j’ai occupés dans des entreprises russes», ajoute la jeune femme. Cachée derrière d’énormes lunettes de soleil au dessin zébré, elle rêve maintenant de devenir chanteuse – grâce à un don que sa récente fortune lui permet maintenant de cultiver.

Deux civilisations

Cette mobilité, qui caractérise la génération montante, a de même servi Iouri Studenikine, 33 ans. Aujourd’hui, numéro deux à Moscou du fabricant coréen de micro-ordinateurs ACER, il gagne suffisamment bien sa vie pour se construire une maison dans la banlieue de Moscou et emmener sa famille en vacances en Turquie.
Au début des années 90, lors de la création des premières joint-ventures, Iouri n’a pas hésité à accepter un poste moins prestigieux que celui qu’il occupait dans un institut scientifique russe pour bénéficier dans une compagnie russo-italienne d’une expérience avec l’étranger.
Résultat, avec un anglais parfait, il a réussi à se faire embaucher chez ACER, un travail qu’il n’osait espérer et auquel il a consacré des jours et des nuits. Ambitieux, il espère désormais créer un jour sa propre société.
Sans cesse en évolution, la vie de ces jeunes qui réussissent n’a rien à voir avec celle de leurs parents et grands-parents, protégés de tout aventurisme par le système communiste. Alors, la vie était plus simple mais plus réglée, explique M. Doubine.
Aujourd’hui, ces générations appartiennent à deux civilisations différentes qui souvent se comprennent mal. Les jeunes, élevés durant la «pérestroïka», rôdés à la débrouille, ont su s’adapter à toutes les réformes dans lesquelles s’est engagée la Russie en mutation.
D’ailleurs, toute la nouvelle économie est tournée vers eux, fait remarquer le sociologue. Ce sont eux les plus grands consommateurs, ils s’habillent avec soin, dînent au restaurant et partent en vacances en Crète, en Thaïlande ou à Paris, sans jamais rechigner à la dépense.
«A cause des troubles que nous avons connus ces dernières années, les jeunes Russes ont beaucoup plus d’autonomie que les Européens, ils sont plus adultes, plus sûrs d’eux», conclut Irina Boch, directrice de marketing chez L’Oréal. Cette nouvelle génération, à laquelle elle et ses amis appartiennent, lui donne confiance en l’avenir de son pays. (AFP)
Elena est énergique, audacieuse et une forcenée de travail: loin d’être une exception, elle illustre une nouvelle génération de Russes qui, révolution de mentalités oblige, est convaincue que son avenir ne dépend que d’elle-même... et le prouve.Boris Doubine, sociologue, n’en croit pas ses yeux mais les derniers résultats d’une enquête régulièrement effectuée par l’institut où il travaille sont formels: pour la première fois depuis les longues années soviétiques, une tranche de la population – 47% des jeunes citadins – ne pense pas que son succès soit tributaire de la stabilité de la société.A l’image de ces jeunes entre 18 et 35 ans, Elena est une vraie fonceuse. Elle dirige à 26 ans une société d’import de viande de 20 personnes, sans pour autant avoir trempé dans des affaires mafieuses.Dans...