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Actualités - Chronologie

Mesures budgétaires : première épreuve de vérité aujourd'hui pour Jospin

Un mois et demi après sa nomination, le premier ministre socialiste français Lionel Jospin va connaître lundi sa première épreuve de vérité avec l’annonce des mesures devant réduire les déficits, dont il devra démontrer qu’elles ne sont pas en contradiction avec ses promesses électorales.
Compte tenu de sa volonté maintes fois réaffirmée d’être au rendez-vous de l’euro, le gouvernement dispose de peu de marge de manœuvre. Il lui faut impérativement trouver 30 à 40 milliards de FF (1FF= 0,165 dollars) pour que les déficits publics en 1997 s’approchent au plus près du critère des 3% en 1998.
L’exercice s’annonce difficile pour un gouvernement qui a promis qu’il n’y aurait «pas de plan d’austérité» et assuré qu’il n’y aurait dans son action «ni pause, ni reniement, ni recul».
La gauche doit une partie de son succès électoral à des Français qui en avaient assez des efforts demandés depuis deux ans. «Voter Juppé (Alain Juppé, chef du gouvernement sortant de droite), c’est voter cinq ans de rigueur», avait-elle martelé durant la campagne, alors que Lionel Jospin faisait de «faire ce que l’on a dit» sa maxime.
Mais depuis son arrivée, le premier ministre sait que la voie est étroite face à ce qu’il a appelé fin juin «des exigences contradictoires», celles «d’une croissance à soutenir, d’un chômage à faire reculer, et en même temps d’une maîtrise des comptes publics».
Or, lundi, après la publication de l’audit des comptes publics qui montrera un dérapage des déficits publics entre 3,5 et 3,7% du PIB et l’annonce d’un plan d’économies et de hausses des prélèvements pour les entreprises et les ménages les plus aisés, il lui faudra déjouer les critiques sur une rigueur plus ou moins inavouée.

Privatisations rampantes

Confronté à une majorité «plurielle» — socialistes, communistes et écologistes —, il devrait s’employer à rassurer ses partenaires communistes et les syndicats en leur expliquant que les efforts demandés sont placés sous le signe de la «justice sociale» et que ce sont bien les plus riches qui seront mis à contribution.
En juin, le secrétaire général du syndicat CGT (pro-communiste) Louis Viannet lui avait promis un «clash très fort» en cas de «tour de vis à l’automne».Le PCF a fait savoir jeudi que «du côté du premier ministre, il y avait la contradiction entre les objectifs qui sont annoncés et les moyens de les mettre en œuvre».
Il a également marqué son opposition aux «privatisations rampantes ou déguisées», à propos des «ouvertures de capital» envisagées de France Télécom et du géant de l’électronique Thomson CSF, notamment.
Lionel Jospin doit également gérer sa cohabitation avec le président gaulliste Jacques Chirac. La défense pourrait être lundi un motif de friction avec le chef de l’Etat, du fait des économies prévues dans ce secteur. Jacques Chirac avait prévenu dimanche qu’il «veillerait à ce que nos forces continuent de disposer des ressources nécessaires».
Alors qu’il s’apprête à utiliser des recettes classiques pour réduire les déficits, Lionel Jospin devra en outre tenter de démontrer que la gauche «ne fait pas la même politique que la droite», comme l’a assuré vendredi le ministre de l’Education nationale Claude Allègre, à l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement. (AFP)
Un mois et demi après sa nomination, le premier ministre socialiste français Lionel Jospin va connaître lundi sa première épreuve de vérité avec l’annonce des mesures devant réduire les déficits, dont il devra démontrer qu’elles ne sont pas en contradiction avec ses promesses électorales.Compte tenu de sa volonté maintes fois réaffirmée d’être au rendez-vous de l’euro, le gouvernement dispose de peu de marge de manœuvre. Il lui faut impérativement trouver 30 à 40 milliards de FF (1FF= 0,165 dollars) pour que les déficits publics en 1997 s’approchent au plus près du critère des 3% en 1998.L’exercice s’annonce difficile pour un gouvernement qui a promis qu’il n’y aurait «pas de plan d’austérité» et assuré qu’il n’y aurait dans son action «ni pause, ni reniement, ni recul».La gauche doit...