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Actualités - Chronologie

La Marijuana fleurit sur les balcons d'Egypte

La marijuana fleurit sur les balcons d’Egypte depuis que ses habitants ont découvert que la drogue la plus consommée du pays pouvait pousser chez eux aussi bien que dans le désert du Sinaï où elle est cultivée sous le nom de «bango» par les bédouins.

«Les services de sécurité ont décelé récemment des cas de culture de bango sur les balcons ou même sur les toits des maisons», a déclaré le chef des services de lutte contre le trafic des stupéfiants (ANGA) du ministère de l’Intérieur, le général Mohammad Chaaraoui.
«Ils plantent les graines de marijuana dans des pots contenant du limon et de la terre et, pour tromper le nez des voisins, cultivent en même temps du basilic dont l’odeur est puissante», a assuré de son côté un officier de police, sous couvert de l’anonymat.
La presse égyptienne fait régulièrement état, depuis quelques mois, d’arrestations de certains de ces cultivateurs amateurs dans les quartiers populaires du Caire et en province.
Pour le général Chaaraoui, «le jeu n’en vaut pas la chandelle». «Risquer les travaux forcés à perpétuité pour faire pousser durant six mois un plant de chanvre indien, qui donnera une drogue de qualité médiocre, c’est à mes yeux de la pure folie», dit-il.
Ce n’est pas l’avis d’un cultivateur amateur de marijuana, qui tient à garder l’anonymat. «C’est plus sûr que de l’acheter chez un trafiquant pouvant être filé par la police ou introuvable quand on a besoin de lui. Je sèche et coupe les feuilles du bango sur ma terrasse, devant mes voisins qui croient qu’il s’agit de mouloukhia», la guimauve, plat favori des Egyptiens.
«De plus, poursuit-il, cela ne coûte rien car il suffit de quelques graines. C’est en outre facile à faire pousser, il n’est pas nécessaire de l’arroser quotidiennement».
«A tout ceci s’ajoute la satisfaction de consommer le produit de mon propre travail. Mon seul regret, c’est de ne pas avoir assez d’espace chez moi pour accroître ma récolte», renchérit un autre planteur.
Depuis cinq ans le bango est la première drogue consommée en Egypte, selon la police, car c’est le moins cher des stupéfiants: le paquet de 50 grammes de bango s’achète en effet 20 livres (6 dollars).
Il est vendu, parfois publiquement, dans certains cafés populaires du Caire ou distribué aux convives à l’occasion des mariages organisés dans les ruelles de la capitale.
«Avec chaque paquet, il est possible de rouler quatre longues cigarettes surnommées «Saroukh» (missile)», confie un consommateur.
Le Sinaï reste toutefois le principal centre de culture du bango, souligne le général Chaaraoui. Mais avec «la multiplication de nos interventions héliportées en 1996, les bédouins sont obligés de le cultiver dans les régions les plus escarpées du désert», a cependant précisé le général.
«En 1996, nous avons marqué des points en détruisant 320 feddans (134,4 hectares) de chanvre indien et en saisissant chez les trafiquants 7,5 tonnes de bango. Cette année marquera le début de la fin du phénomène du bango», a ajouté l’officier.
Selon lui, «l’ANGA, fondée en 1929, a déjà réussi à éradiquer la cocaïne qui fleurissait en Egypte durant la première moitié de ce siècle, et à réduire considérablement le haschisch et l’héroïne qui s’étaient propagés dans les années 80». Un kilo de haschisch se vend 15.000 livres environ (4.500 dollars), selon le chef de l’ANGA. (AFP)
La marijuana fleurit sur les balcons d’Egypte depuis que ses habitants ont découvert que la drogue la plus consommée du pays pouvait pousser chez eux aussi bien que dans le désert du Sinaï où elle est cultivée sous le nom de «bango» par les bédouins.«Les services de sécurité ont décelé récemment des cas de culture de bango sur les balcons ou même sur les toits des maisons», a déclaré le chef des services de lutte contre le trafic des stupéfiants (ANGA) du ministère de l’Intérieur, le général Mohammad Chaaraoui.«Ils plantent les graines de marijuana dans des pots contenant du limon et de la terre et, pour tromper le nez des voisins, cultivent en même temps du basilic dont l’odeur est puissante», a assuré de son côté un officier de police, sous couvert de l’anonymat.La presse égyptienne fait...