Travaillant avec des ressources très limitées, ne pouvant guère s’appuyer sur des infrastructures totalement dévastées par sept années de guerre civile, la commission indépendante électorale (IECOM) se dit pourtant confiante et prête à organiser la première élection du Liberia depuis 1985.
«Dans quelques heures, nous allons vivre ce qu’il y a un an personne, même dans ses délires les plus fous, ne pouvait envisager» a déclaré Henry Andrews, président de l’IECOM.
Même si les derniers chiffres du recensement ne sont pas encore disponibles, M. Andrews a évalué à 700.000 le nombre des électeurs inscrits et à 1.900 le nombre des bureaux de vote.
Les centaines de milliers de Libériens qui ont fui le pays pendant les conflits, et sont maintenant considérés comme réfugiés, sont exclus du scrutin.
Cette détermination à assurer le bon déroulement du scrutin est partagée par Victor Malu, général nigérian, commandant en chef de l’ECOMOG, la force ouest-africaine de paix déployée au Liberia depuis 1990.
«Je veux prévenir quiconque aurait à l’esprit de troubler les élections de l’oublier», a déclaré le général en début de semaine.
«Je n’ai pas de doute que l’élection sera libre, transparente et sans trouble. Je ne prévois aucun problème de sécurité», a-t-il confirmé hier.
Sur les treize partis en lice, deux semblent avoir pris la tête dès le début et l’avoir conservée tout le long de la campagne électorale.
Les experts donnent l’avantage au Parti national patriotique (NPP) de Charles Taylor, chef de la faction armée qui avait lancé la guerre civile en décembre 1989 et dont le bilan est de plus de 150.000 morts.
Taylor bénéficie d’un avantage électoral: celui d’être l’homme-clé incontournable des problèmes de sécurité dans un pays où malgré plusieurs désarmements de grande envergure, des caches d’armes sont encore enfouies dans de nombreuses régions.
Homme d’affaires accompli, Charles Taylor a également disposé de moyens très importants pour sa campagne, ainsi que d’un monopole virtuel de la radiodiffusion, par les stations en ondes courtes qu’il contrôle, seul moyen d’atteindre l’ensemble des populations de l’intérieur.
Son plus sérieux rival est une forte femme, Ellen Johnson-Sirleaf, ancien ministre des Finances qui a renoncé à de très hautes fonctions au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour se lancer dans la campagne.
Des milliers de ses partisans ont également envahi les rues de Monrovia jeudi.
Son meilleur espoir, selon les analystes, serait d’être à la tête d’une coalition «tous contre Taylor» dans un second tour de scrutin.
Ce tour aurait lieu le 2 août si aucun des candidats ne remporte plus de cinquante pour cent des suffrages exprimés samedi. (AFP)

