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Actualités - Interviews

Sihanouk refuse d'intervenir dans les affaires intérieures du Cambodge

Le roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, a déclaré lundi qu’il ne pouvait pas intervenir dans les affaires intérieures du Cambodge, mais qu’il était prêt cependant à recevoir en audience dès mardi des délégations étrangères à Pékin. Dans une interview accordée au «Bulletin Mensuel de Documentation» (BMD), publication dépendant du cabinet royal, Norodom Sihanouk s’est efforcé de préciser clairement les limites de son pouvoir afin de ne pas se laisser entraîner contre son gré dans la crise cambodgienne. De sources bien informées, on indique que Claude Martin, envoyé spécial du président français Jacques Chirac, sera le premier à être reçu en audience mardi par le roi.

«Je suis un roi constitutionnel qui règne mais ne gouverne pas», affirme le souverain, ajoutant: «(Je) ne suis pas autorisé par «Le Strongman» (homme fort) Hun Sen à intervenir dans ce qu’il appelle les affaires intérieures du Cambodge». Sihanouk rappelle que le premier ministre cambodgien Hun Sen «a déjà rejeté clairement mes propositions de médiation ou d’aide politique à la solution du problème actuel».
En accolant, entre guillemets, au nom du premier ministre le qualificatif utilisé dans la presse anglophone, le souverain laisse transparaître une certaine amertume à l’égard de celui qui a réussi à évincer du pouvoir son propre fils, le prince Norodom Ranariddh, copremier ministre, relèvent les observateurs.
Dimanche, le roi s’était refusé à porter un jugement sur les événements survenus le 5 juillet à Phnom Penh entre les deux chefs de gouvernement, et qualifiés dans certaines capitales occidentales de «coup d’Etat» perpétré par la faction de M. Hun Sen.

Deux conditions

Dans son interview, le roi Sihanouk a annoncé qu’il allait recevoir dès mardi des envoyés spéciaux de la France, du Japon, de l’ASEAN (Association des nations d’Asie du sud-est) et des Etats-Unis.
Il a cependant souligné qu’il avait accepté, contre son gré, de sortir de son silence pour répondre à la demande express de plusieurs chefs d’Etat ou gouvernements étrangers.
«Franchement, déclare-t-il au «BMD», je ne suis pas heureux d’avoir à sortir de ma «coquille» (mon hôpital à Pékin) pour avoir des discussions politiques avec qui que ce soit.»
Le souverain a fixé deux conditions à ces rencontres: il exige que les audiences aient un «caractère privé» et que le contenu des discussions reste «secret».
Il a enfin rappelé que les «envoyés spéciaux» ne sont pas autorisés par le premier ministre Hun Sen à intervenir dans les affaires du Cambodge «parce qu’ils sont des étrangers».
L’ASEAN, qui regroupe le Brunei, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam, a chargé la semaine dernière le ministre indonésien des Affaires étrangères, Ali Alatas, de se rendre à Pékin à la tête d’une délégation.
Le cabinet du roi a confirmé lundi avoir reçu une demande d’audience, mais à l’ambassade d’Indonésie, on indique n’avoir encore aucune information sur la venue de M. Alatas.
Aucune information n’a pu être obtenue auprès de l’ambassade des Etats-Unis et de celle du Japon.
M. Martin, qui est secrétaire général adjoint du ministère français des Affaires étrangères, a déjà effectué une mission le mois dernier au Cambodge, à la demande de Jacques Chirac, pour tenter de réconcilier les deux copremiers ministres.
Ancien ambassadeur de France à Pékin, il a également pris une part active aux négociations qui ont abouti aux accords de paix de Paris sur le Cambodge en octobre 1991. (AFP)
Le roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, a déclaré lundi qu’il ne pouvait pas intervenir dans les affaires intérieures du Cambodge, mais qu’il était prêt cependant à recevoir en audience dès mardi des délégations étrangères à Pékin. Dans une interview accordée au «Bulletin Mensuel de Documentation» (BMD), publication dépendant du cabinet royal, Norodom Sihanouk s’est efforcé de préciser clairement les limites de son pouvoir afin de ne pas se laisser entraîner contre son gré dans la crise cambodgienne. De sources bien informées, on indique que Claude Martin, envoyé spécial du président français Jacques Chirac, sera le premier à être reçu en audience mardi par le roi.«Je suis un roi constitutionnel qui règne mais ne gouverne pas», affirme le souverain, ajoutant: «(Je) ne suis pas autorisé par «Le...