Dix mille soldats, 43 hélicoptères et quatre avions Antonov-26 luttaient contre le sinistre dans la région, selon le général January Komanski, membre de la cellule de crise.
Près de 200 localités et 240.000 hectares de terres sont toujours immergés. L’eau a détruit ou endommagé 139 ponts. 1.300 kilomètres de routes restaient impraticables, selon le vice-ministre de l’Environnement, Krzysztof Szallek.
Dans tout le sud de la Pologne, quelque 800.000 personnes ont dû quitter leurs habitations, dont 40.000 ont été évacuées de façon organisée. Les dégâts matériels pourraient dépasser un milliard de dollars, selon le ministère de l’Intérieur.
Le gouvernement a décidé, à l’issue d’une réunion de crise, de décréter un jour national de deuil à la mémoire des victimes.
Une décrue s’est amorcée dans le sud du pays et les personnes évacuées la semaine dernière ont pu regagner leurs foyers dans des villes et villages désolés où dérivent ordures et cadavres de vaches.
«Il est impossible d’estimer rationnellement le coût du désastre. Les pertes sont telles qu’aucun responsable n’est en mesure de les évaluer», a affirmé le premier ministre Wlodzimierz Cimoszewicz.
Le chef du gouvernement a ajouté qu’il nommerait un responsable chargé du programme de reconstruction.
Wroclaw, une ville de 650.000 habitants, est la proie des eaux depuis le week-end.
Des milliers de volontaires ont bataillé durant des heures pour ériger des digues de sacs de sable et protéger ainsi le cœur historique de la ville.
Deux autres villes, situées plus au nord, sont désormais en ligne de mire: Glogow et Brzeg Dolny.
La Wisla est également en crue, à un niveau moindre que l’Odra, et elle devrait affecter Varsovie, selon le vice-ministre de l’Environnement, Krysztof Szamalek.
Selon Szamalek, 2.400 kilomètres carrés sont toujours sous les eaux, contre 3.600 kilomètres au plus fort des inondations.
Orages en France
En République tchèque, le bilan des inondations s’élève à 29 morts identifiés et 8 disparus, très probablement morts, a annoncé le ministère de l’Intérieur.
Le village de Troubky-nad-Becvou (Moravie du Nord) a payé le plus lourd tribut à la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire nationale: six corps ont été dégagés au cours des dernières 48 heures des décombres des quelque 140 maisons (sur 700 édifices) qui se sont effondrées sous la pression des eaux.
Selon les secours, d’autres victimes pourraient encore s’y trouver.
Alors que les pluies ont cessé depuis plusieurs jours et que les rivières ont regagné leur lit dans le nord de la Moravie, la situation demeurait dramatique en aval de la Morava, où les communes étaient dimanche depuis deux jours sous l’eau, privées d’électricité et d’eau courante.
Selon les spécialistes, la catastrophe aurait provoqué des dommages pour 2 à 3 milliards de dollars. Le gouvernement, qui a débloqué cette semaine 11 milliards de couronnes (360 millions de dollars), envisage la levée d’un «impôt inondation» pour pouvoir reconstruire ces zones sinistrées.
La situation s’est stabilisée en Autriche, où la police avait recensé trois morts au début de la semaine.
En Belgique, de violents orages ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche, provoquant de nombreuses inondations à Bruxelles et en Wallonie (sud), sans faire de victimes, selon les services de secours.
En France, Météo-France a diffusé dimanche auprès des services de la protection civile un bulletin d’alerte météorologique pour le nord-est, en raison des risques d’orages violents dans cette région. (AFP, REUTER)

