Le «Sirius» qui restera une semaine dans les eaux territoriales libanaises, a accosté en matinée au port de Tripoli et se rendra ensuite dans les ports de Jounieh, Saïda et Tyr, a indiqué le représentant de Greenpeace en Méditerranée, M. Fouad Hamdane.
Le ministre de l’Environnement, M. Akram Chéhayeb, s’est rendu à bord du navire qu’il a visité en compagnie des membres de l’équipage.
Lors d’une allocution prononcée sur le pont du «Sirius», M. Chéhayeb a précisé que c’est la première fois que les autorités libanaises autorisaient un navire de Greenpeace à accoster au Liban, ce qui reflète «l’esprit et la volonté de coopération du ministère avec l’organisation écologique».
«Notre politique sur le plan de la protection de l’environnement, a ajouté le ministre, est basée sur cette coopération entre le ministère et les différentes associations locales et internationales. L’écologie ne connaît pas de frontières, de même que la pollution».
M. Chéhayeb a réaffirmé son opposition à l’utilisation des incinérateurs dans le traitement des déchets, précisant que cette option si elle est mise en œuvre actuellement n’est que «temporaire».
M. Hamdane a de son côté indiqué que les experts de l’Organisation écologique effectueraient des prélèvements dans les eaux de la région de Chékaa-Salaata (Liban-Nord) où sont implantées des cimenteries ainsi qu’une usine d’engrais chimiques.
Greenpeace compte également analyser l’eau de Nahr-Ibrahim et du Nahr el-Ghadir, deux rivières qui coulent au nord et au sud de Beyrouth, ainsi que celle du Litani qui traverse la Békaa et se jette entre Saïda et Tyr.
«Les prélèvements seront analysés dans les laboratoires de l’Université d’Exeter (Grande-Bretagne). Nous identifierons ceux qui polluent la côte et les rivières et proposerons des solutions» a-t-il déclaré.
Selon Greenpeace, l’industrie libanaise produit tous les ans 326000 tonnes de déchets et une quantité indéterminée de matières toxiques qui sont déversées dans la Méditerranée et les rivières libanaises.
Dans un communiqué l’organisation écologique indique qu’elle mène depuis 1995 une campagne de sensibilisation contre la pollution industrielle auprès du ministère de l’Environnement et de l’Association des industriels libanais.

