La législation allemande interdit le rejet en mer d’eaux avec un tel taux de tritium, a ajouté le porte-parole. Des experts de l’université de Brême (Bremen, nord) ont même relevé des pointes jusqu’à 175 millions de becquerels de tritium par litre, a encore précisé le porte-parole.
Le tritium, radioactif, est le plus lourd des isotopes connus de l’hydrogène.
C’est dans ce port hanséatique que le «Rainbow C», un navire de l’organisation écologiste Greenpeace, avait amené le 27 juin dernier 15 litres du liquide rejeté dans la Manche par l’usine et 30 kilos de sédiments radioactifs déposés devant la conduite de l’usine qui achemine ce liquide, selon les indications alors données par Greenpeace.
L’organisation entendait ainsi protester contre la politique nucléaire de l’Allemagne, principale responsable, selon elle, de la pollution radioactive de la mer à proximité de l’usine de La Hague. Une grande partie des déchets nucléaires retraités dans cette usine proviennent de centrales allemandes, qui, jusqu’à fin 1996, avaient livré 4.231 tonnes de déchets.
«Les résultats des analyses indépendantes effectuées à Hambourg démontrent que la mer et la côte devant La Hague servent de poubelle atomique; c’est maintenant officiel», a déclaré un porte-parole de Greenpeace, Gero Lucking.
Greenpeace avait déposé un recours devant la justice française demandant la suspension des travaux de détartrage de la conduite de rejets de l’usine de La Hague. Selon le mouvement écologiste, aucune étude d’impact préalable n’a été réalisée, ce qui «constitue un acte de haute négligence» du fait de «risques particulièrement sérieux de pollution».(AFP)

