«Dès le début, Toto Riina», chef suprême de la mafia sicilienne Cosa Nostra, «a géré et piloté la construction du temple de la justice, et d’autres appels d’offre pour des centaines et des centaines de milliards de lires» (dizaines de millions de dollars), a déclaré au cours d’une conférence de presse à Palerme, le procureur adjoint de la ville, Gaspare Sturzo.
Toto Riina, arrêté en janvier 1993, a déjà été condamné dans plusieurs procès à la prison à vie, et sa fortune est évaluée à plusieurs millions de dollars. Les autorités judiciaires qui ont mis sous séquestre les biens de la famille sont convaincues qu’il dispose encore d’immenses richesses sous des prête-noms divers.
Gaspare Sturzo a ajouté que Cosa Nostra contrôlait les appels d’offre, non seulement du palais de justice, mais aussi du vélodrome de Palerme, de l’hôpital Petralia, du dépôt des transports municipaux, et de certains travaux de l’université de Palerme.
Un autre chef mafieux arrêté en mai dernier, Giovanni Brusca, avait également la haute main sur les appels d’offre de la ville et donnait ses instructions, a-t-il dit.
Une vingtaine de mandats d’arrêts, dont certains concernant des mafieux de «Cosa Nostra» déjà emprisonnés, notamment Toto Riina, ont été exécutés, ou signifiés, mercredi à l’encontre de responsables de la mafia, de sociétés de transports, ou d’entreprises du bâtiment, en relation avec la découverte de l’implication de la mafia dans la construction du parquet.
Un autre procureur adjoint de Palerme, Luigi Croce, a déclaré que les enquêteurs ont mis en évidence que Angelo Siino, surnommé «le ministre des Travaux publics de la mafia», avait réussi «à contrôler pratiquement tous les appels d’offre publics» de la ville, en assurant la coordination entre l’administration municipale et des dizaines d’entreprises de la Sicile et du nord de l’Italie.
Il fait partie des personnes arrêtées mercredi ainsi que Raffaele Ganci, qui dirigeait une entreprise de travaux publics de Rome qui avait obtenu un marché de 74 milliards de lires (46 millions de dollars).
Des employés municipaux étaient chargés d’ouvrir les réponses aux appels d’offre et de vérifier que l’expéditeur était bien recommandé par la mafia. (AFP)

